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Apple et Amazon règnent sur votre bibliothèque

Rappel des faits

Deux “affaires” (ce mot est tellement galvaudé que j’hésite à l’utiliser, mais passons) ont secoué le petit landerneau de l’édition ces derniers jours: d’abord, les mésaventures de Lynn Jordet Nygaard, privée de sa bibliothèque Amazon pour d’obscures et passablement fallacieuses raisons (lire l’article sur Actualitté) et ensuite, la décision arbitraire d’Apple de réhausser les prix de son AppStore (voir l’article sur 01.net) sans en avertir au préalable les éditeurs de contenus, à savoir vous, moi, tout le monde.

Deux affaires, donc, deux événements apparemment sans aucun rapport l’un avec l’autre, mais qui en réalité ne disent qu’une seule et unique chose (sans doute la seule pour laquelle les deux géants de l’entertainment arriveront jamais à se mettre d’accord): en choisissant d’utiliser notre écosystème, vous nous laissez tout pouvoir.

Monarchie absolue

Et quand on dit tout pouvoir, on entend véritablement tous les pouvoirs: y compris ceux qui ne nous viendraient pas à l’esprit, ceux qui nous sembleraient aberrants, arbitraires, confiscatoires ou même injustes. Oui, Apple se donne le droit de refuser une application ou un livre si celui-ci mentionne un concurrent, ou si le contenu lui déplaît. Apple se donne le droit d’augmenter les prix de produits que la firme ne fait que distribuer. Amazon peut effacer votre bibliothèque numérique sans préavis, vous privant d’années d’achats parfaitement légaux. Amazon ne permet pas de léguer votre bibliothèque à quelqu’un en cas de décès. Amazon a choisi d’utiliser un format propriétaire pour ses livres, par ailleurs illisibles sur d’autres machines. Les exemples s’accumulent. 

Face à l’illusion de la propriété

Malgré l’illusion de propriété que ces écosystèmes induisent, il est un fait que l’on ne saurait ignorer dorénavant: en ces murs, vous n’êtes que le locataire. Le propriétaire, lui, conserve tous les droits, y compris celui de vous expulser. Contractuellement (vous savez, ce long bloc écrit en tout petit quand on s’inscrit sur l’un ou l’autre de ces services et qu’on fait défiler jusqu’en bas, sans lire, pour le signer), lorsque vous achetez un livre numérique, vous n’en achetez en réalité que la licence d’utilisation. Et les licences, ça se révoque.

Il n’est pas question de nier que la démocratisation de la lecture numérique est effectivement passée par Amazon et par Apple. Nous leur devons quelque chose, c’est certain. Mais la liberté ne se négocie pas au profit du confort, elle ne le devrait jamais.

Il est peut-être temps de passer au stade supérieur: annuler la dette, et même réclamer des comptes. Un écosystème voué à vous enfermer, vous lire, vous contrôler, n’est pas viable. Surtout pour ses prisonniers.

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