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The Digital Writer’s Dead End ?

The publishing industry has encountered a lot of changes during the last two years. With the growth of digital production and the increasing number of digital readers, of course, change has to come: that’s obvious. We have to try our best to offer good alternatives, challenging ideas, fun and new concepts… keeping in mind that we don’t only work for pleasure but also for money. With this in mind, we’re of course trying, as digital producers/providers/publishers, different roads.

L’industrie du livre a subi de nombreux changements ces deux dernières années. Avec l’augmentation de la production numérique et le nombre toujours à la hausse de lecteurs en numérique, bien entendu, le changement doit se faire: c’est évident. Nous devons essayons de faire de notre mieux pour offrir de bonnes alternatives, des idées ambitieuses, des concepts nouveaux et divertissants… en gardant à l’esprit que nous ne travaillons pas seulement pour le plaisir mais aussi pour l’argent. Avec cela à en tête, et en tant que producteurs/pourvoyeurs/éditeurs, nous empruntons bien sûr des chemins différents. 

Now, after two years in the ebook industry, I see a new trend that is bothering me.

Aujourd’hui, après deux ans passés dans l’industrie du livre numérique, je vois surgir une nouvelle tendance qui m’ennuie un peu. 

***

We know we can’t easily make money right now: the digital book industry is just a newborn, everybody is not equipped, pricing has its own ways, technical challenges are yet to come… In fact there are not a lot of ways to make money with digital books.

Nous savons que nous ne pouvons pas gagner de l’argent facilement tout de suite: l’industrie du livre numérique est un nouveau-né, tout le monde n’est pas équipé, les prix ont leurs propres voies, des défis techniques sont encore à relever… En fait, il n’y a pas beaucoup de moyens de faire de l’argent avec des livres numériques.

 

You have three choices:

  1. You sell your books. That’s good for you. You’re a member of the happy-few.
  2. You create a community based around your books, your concept, you’re using words such as « social media », « social reading », and then a business angel knocks at your door and gives you (a lot of) money to play with. It’s very trendy now. We can do that.
  3. You go where the money is. And the money is not in the reader’s pocket. It’s in the pocket of the thousands of thousands of writers aspiring to fame, waiting for you on the internet.

Vous avez trois choix:

  1. Vous vendez vos livres. C’est bien. Vous faites partie du minuscule club des heureux élus. 
  2. Vous créez une communauté autour de vos livres, de votre concept, vous utilisez ds mots tels que « média social », « lecture sociale », et un business angel vient frapper à votre porte et vous donne de l’argent (beaucoup) pour vous amuser avec. C’est très à la mode. Nous pouvons le faire.
  3. Vous allez là où se trouve l’argent. Et l’argent n’est pas dans la poche du lecteur. Il est dans celle des milliers de milliers d’aspirants écrivains en quête de gloire qui vous attendent sur le net.

 

***

I’m astonished to see the increasing number of e-services offering to « publish your own book », « create exceptional eBooks », etc… There’s plenty of those websites: Polifile, a new French company, Easy Press, Lulu, etc. All main digital providers are now aiming at self-publication. Even VOOK, the enhanced ebooks publishing company, has now changed its mind and is going to offer such services

Je suis étonné de voir le nombre de e-services qui vous proposent de « publier votre propre livre », de « créér des ebooks exceptionnels », etc… Il y en a plein, de ces sites web: Polifile, une nouvelle société française, Easy Press, Lulu, etc. Tous les principaux pourvoyeurs de services numériques ciblent maintenant l’autopublication. Même VOOK, l’éditeur de livres numériques enrichis, a retourné sa veste et va offrir des services similaires

I mean, I can understand. You have to go where the money is. And there’s a lot of people who want to see their book on the shelves of the iBookstore/Kindle Store/etc. Even us, at Walrus, have published a guide to digital self-publishing.  

Je peux comprendre cela. Il faut aller là où se trouve l’argent. Il y a des tas de gens qui rêvent de voir leur livre sur les étagères virtuelles de l’iBoostore, du Kindlestore, etc. Même nous, chez Walrus, avons publié un Guide de l’Autopublication Numérique

But let me be clear: if self-publication for free is good (your parents, aunts and your friends will love to spend two dollars for you), giving money just to get an ebook does not seem a good option to me. First, you have all the tools you need to do that for free on the internet, Sigil in the first place. Second, that’s not fair to make people think they’ll have success if they have a nice EPUB file (they do not say that of course, but that’s the message you can read between the lines). Making nice EPUB files is a job, technical AND editorial (it’s our job), and no WYSIWYG will ever challenge a 10-year experience in this « craftwork ». And third, as for the cinema and music industry, it’s not because you are able to create your own « piece of art » that you become talented or famous. That’s just a dream. Have you recently been to the movies to watch a film made by your grandmother in her garage? No. And it won’t happen, I can assure you.

Mais soyons clairs: si l’autopublication gratuite est une bonne chose (vos parents, vieilles tantes et amis adoreront dépenser deux euros pour vous lire), donner de l’argent pour obtenir un ebook ne me semble pas être une bonne option. D’abord, parce que vous avez tous les outils nécessaires sur le web pour faire cela gratuitement, Sigil en tête. Ensuite, ce n’est pas très joli de faire croire aux gens qu’ils auront du succès s’ils ont un beau fichier EPUB (ils ne vous disent pas ça, bien sûr, mais vous pouvez lire ce message entre les lignes). Faire de beaux fichiers EPUB est un travail, technique ET éditorial (c’est notre travail), et aucun logiciel de création graphique ne remplacera jamais 10 années d’expérience de cet « artisanat ». Troisièmement, tout comme pour la musique et le cinéma, ce n’est pas parce que vous êtes en mesure de créer votre propre « chef d’oeuvre » que cela va vous rendre talentueux ou célèbre. Ce n’est qu’une illusion. Vous êtes-vous récemment rendu dans une salle de cinéma pour aller voir le film que votre grand-mère a réalisé dans son garage? Non. Et ça n’arrivera pas, je peux vous l’assurer.

***

That’s our job as digital providers/publishers: select a text, work with its author, make it bright and beautiful, and then run everywhere to spread the word.

C’est notre travail, en tant que pourvoyeurs de services numériques et surtout éditeurs, de sélectionner un texte, l’améliorer, le rendre brillant, puis courir dans tous les sens pour en faire la promotion. 

 

I think that if we continue this way, we’ll get (a bit of) money, okay (and it’s not even sure, because we all know that tools are evolving to free alternatives)… But we’ll also have a lot of unpleasant readings to come.

Je pense que si nous continuons sur ce chemin, nous allons ramasser de l’argent (un tout petit peu et encore, ce n’est même pas sûr car nous savons tous que les outils évoluent fatalement vers des formes gratuites)… mais nous allons surtout obtenir un paquet de lectures déplaisantes. 

***

If you want a table, you don’t go to the woods to cut a tree (except if your name is Charles Ingalls): you go to Ikea. If you want a steak, you don’t get out of your house to shoot your neighbour’s chicken (except if your name is Mark Zuckerberg). You go to the butcher’s.

Si vous voulez une table, vous n’allez pas dans les bois couper un arbre (sauf si votre nom est Charles Ingalls): vous allez chez Ikea. Si vous voulez un bon steak, vous ne sortez pas de chez vous pour aller tuer la poule du voisin (sauf si votre nom est Mark Zuckerberg). Vous allez chez le boucher. 

It’s the same for books. Multitude is an illusion. At the end, you’ll always be a little rock thrown in the depths of the ocean. Same for the reader.

C’est la même chose pour les livres. La multitude est une illusion. À la fin, vous serez toujours un petit caillou jeté dans les tréfonds de l’océan. Même chose pour le lecteur. 

 

 

Commentaires

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7 Responses

  1. Pauline Doudelet says:

    Tant que les gens accepteront de payer et surtout croiront que la plus grande difficulté est de publier (en partie à cause de la « barrière » des maisons d’éditions, souvent perçue comme une impossibilité d’accomplissement par l’auteur) alors qu’elle est d’obtenir des lecteurs (payants ou même gratuits !), il y aura un business pour ça.J’ai cru un temps que l’édition à compte d’auteur mourrait de sa belle mort à cause du numérique, visiblement je me suis trompée ! Non pas sur la capacité des commerciaux à trouver des créneaux et à les exploiter, mais sur la naïveté des auteurs en devenir et leur manque total de lucidité.

    Cette attitude est sans doute renforcée par la vision romantique auto-entretenue par les auteurs eux-même de leur métier : un ego démesuré, une fougue passionnée pour l’écriture-sans-laquelle-je-ne-peux-pas-vivre (gonflante quoi), une envie de reconnaissance et de gloire éternel (voire « ego démesuré »)… avec un manque total de professionnalisme derrière (par là j’entends sur tous les aspects du métier : écriture-réécriture-correction ET publication-ventre-marketing )
    Un peu comme des ados persuadés que le monde s’ouvre à eux, alors qu’en fait, le monde ne les attends pas du tout et s’en fiche et  dans lequel il faut se faire une place à la sueur de son front quand on n’a pas la chance d’avoir des relations/copinages/papa-maman avec un joli nom.
    Les ados fougueux devenus adultes tombent de haut, c’est formateur.Les auteurs qui tombent dans les pièces de l’auto-publication payante aussi… espérons qu’ils en tireront les bonnes leçons (et non une haine féroce du genre humain qui ne sait pas reconnaître le génie…)

    (J’ai presque réussi le dédale du premier coup ! 😀 )

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    • Pauline Doudelet says:

      publication-VENTE-marketing
      et non pas ventre… il est 11h30, je dois commencer à avoir faim… -_-

      et puis pièges de l’auto-publication et non pas pièces
      (je dois manquer de sommeil aussi)

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      • Walrus Ebooks says:

        En fait, je dois avouer que le coup de VOOK m’a gravement mis en colère. Une entreprise qui se présentait comme innovante, avec une réelle volonté d’avancer, qui retourne sa veste à ce point, c’est affligeant. Comme tu dis, on profite de la naïveté des auteurs. Les éditeurs à compte d’auteur l’ont toujours fait, bien sûr, mais c’était une pratique un peu honteuse, on n’en parlait pas. Maintenant que cela s’institutionnalise, on va assister à un raz-de-marée éditorial qui va se finir en bouillie d’auteur. Et le pire, c’est que c’est une manne d’argent quasi inépuisable: l’espoir, éternel vecteur d’entubades… 

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  2. Thierry says:

    tuer une poule ne donnera jamais un bon steak,  pour Mark Z, il aurait plutôt chipé la poule aux oeufs d’or 🙂

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  3. Mediter says:

    Je confirme la remarque très judicieuse de Thierry : c’est très difficile de faire un steak de poule (et c’est pas faute d’avoir essayé !).

    Je comprend ton coup de gueule Julien, de voir d’anciens éditeurs « passer à l’ennemi » parce qu’il y a toujours un choix à faire entre ce qui rapporte rapidement de l’argent et ce qu’on voulait faire idéalement.

    Je ne pense pas que ça changera le sens profond de ton existence, mais sache que je partage complètement ton point de vue sur ce sujet. Les auteurs sont une proie facile, tout du moins une grande partie d’entre eux, parce qu’ils misent sur un rêve de gosse, parce qu’ils rêvent de la célébrité, parce qu’ils font ça par passion… Il est aussi facile de vendre un service à un auteur en lui promettant la célébrité que de vendre un bodytrainer à un mec en surpoids en lui promettant l’amour et la beauté.

    Pour les éditeurs numériques, reste à savoir s’ils désirent garder un rôle d’éditeur, certes avec certains choix économiques mais avec un but un tant soit peu artistique, ou s’ils veulent devenir une version « pour auteur » du téléshopping, à arnaquer les pauvres badauds remplis d’espoirs que sont les auteurs.

    Quoi qu’il arrive, je te souhaite de réussir dans ta voie Julien, en espérant que les Pure Players arrivent à prouver à tous qu’il est possible de faire du fric sans passer par la facilité…

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    • Pauline Doudelet says:

      Quand on tient une boîte avec des charges sociales/impôts/TVA et qu’on veut en plus en vivre, il faut savoir faire des choix rationnels (même si ça brise le coeur parfois - c’est la réalité économique, elle touche aussi les éditeurs numériques, ce que peu de gens voient malheureusement).
      Si l’on préfère réaliser les fichiers que faire le travail d’édition (ou que l’on est plus doué pour ça que pour l’édition, parce que éditeur c’est aussi un métier à part entière), se tourner vers la confection n’est pas un mauvais choix (c’était peut-être le choix « maison d’éditions » à la base qui était le mauvais chez eux). Après, investir dans les mirages de l’auto-édition et leur rentabilité, c’est une question d’idéologie. A chacun sa moralité et ses idéaux. Il est vrai que le « compte d’auteur » même déguisé aura toujours des clients, parce que les gens sont naïfs (et ça me désespère chaque jour un peu plus)
      Le système Pure Player est à inventer, il n’y a pas, pour l’instant, de roue pavée d’or sur laquelle on se balade en chantant « We’re off to see the wonderful Wizard of Oz » (et là, je vais me sentir vieille quand vous direz que vous n’avez jamais vu Judy Garland et sa tignasse rousse sautiller sur ça) - Rien qu’à voir que certains renoncent au 100% numérique, d’autres tentent de nouvelles choses (abonnements, freemium…), on voit bien qu’aucun modèle n’est encore « le bon » économiquement. Mais rester sur une ligne éditoriale et se forger une image auprès des lecteurs, c’est un moyen de devenir une maison d’éditions reconnue (si on arrive à tenir le coup économiquement, et ça c’est le plus dur :/)

      Après pour le steak, vu que ça vient de « rôti » dans je ne sais plus quel vieux dialecte anglais, pourquoi ne pourrait-on pas avoir des steaks de poulet ? On a bien des steaks de poisson (le steak de thon c’est excellent)

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