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iPad Mini vs Kindle Fire: un match idéologique

Ça y est, le duel est lancé: qui d’Amazon ou d’Apple remportera le marché des tablettes ultra portables? Ces appareils sont nés d’un équilibre instable: suffisamment grands pour vous permettre de visualiser un film correctement mais suffisamment petits pour être transportés aisément et discrètement, ils s’inscrivent dans une logique de consommation portable et perpétuelle telle que la conçoivent et la souhaitent les deux géants américains.

D’ailleurs, Amazon a déjà gagné la bataille… selon Amazon. Jetez un œil à la publicité comparative qui oppose le Kindle Fire à l’iPad Mini.

Bon, d’accord, l’écran du Kindle Fire est HD, son Wifi est plus performant et le son est en stéréo. Il est aussi moins cher que l’iPad Mini et dispose d’un espace de stockage plus grand. Alors, le match est plié? Pas tout à fait.

Un écosystème revendiqué verrouillé pour l’un

Premier argument en faveur d’Apple: l’iPad, et l’écosystème qui le gère, a au moins la décence de nous faire croire qu’il peut nous servir à autre chose qu’à consommer sur l’AppStore. Qu’il peut être un outil pour les créatifs et les professionnels (ce billet est intégralement tapé sur mon iPad), qu’il a des ressources qui ne se restreignent pas à la bête consommation de livres, de musique et de vidéo, même si bien entendu tout cela est prévu et encouragé, ne serait-ce que par l’achat d’applications.

Chez Amazon, on fait face à l’essence même de l’esprit de supermarché dont je faisais la description dans un précédent billet. La tablette n’est là que comme support à l’achat, voire comme incitation. Car sans le store Amazon, la tablette n’a plus aucun intérêt. Elle est vide de sens. Elle n’existe que par son contenu potentiel, qui passe forcément par la case porte-monnaie.

Apple, prison confortable

Et cela, Apple l’a bien compris: une prison où l’on est installé confortablement est une prison dans laquelle on veut rester. Et même si je suis légèrement parti pris dans cette affaire (je ne suis pas —plus— un fan boy, mais j’utilise l’iPad pour travailler) j’aime à croire que j’utilise mes appareils pour autre chose que bêtement acheter et avaler du contenu culturel.

J’ai personnellement un deuxième argument (tout à fait personnel, et en cela sans doute désagréable à entendre) en faveur de l’iPad: il est certes de meilleure facture technique, mais cela entre peu en ligne de compte. En fait, il est surtout PLUS CHER. Et c’est clairement un argument en sa faveur. Je m’explique.

Des produits pour les riches achetés par des pauvres

Jamais de toute ma vie je n’ai vu de télévision à écran plat plus grande et plus sophistiquée que, d’une part, chez des amis considérés comme riches, bien sûr (ils ont les moyens, ils se les donnent pour s’offrir le meilleur), et d’autre part, chez des amis considérés comme pauvres (au chômage, intermittents, etc).

Pourquoi les “pauvres” achètent des grosses télés? Parce qu’ils n’en ont pas les moyens, et qu’on vit dans un monde qui joue sur la frustration permanente entre ce que l’on ne possède pas et ce que l’on pourrait faire en possédant. Il existe alors des solutions de crédits certes usurières, mais permettant à une certaine catégorie de personnes d’accéder à l’achat d’appareils qu’ils ne pourraient pas se payer autrement.

Un prix élevé est synonyme, dans notre écosystème consumériste, d’une qualité élevée et surtout d’un standing: en achetant un appareil Apple, on achète sa carte de membre du club. Plus qu’un objet, il est un signe de caste. Une caste qu’en période de crise, il est doucement agréable d’arborer les symboles extérieurs.

Un jeu masochiste auquel nous jouons tous

En d’autres termes, plus c’est cher, plus grande est (l’illusion de) la qualité, plus grande est la frustration, plus les files d’attente seront longues. Ces fameuses files d’attente, justement, où nous ramènent-elles? À des temps où la pénurie était la règle, et le serrage de ceinture quotidien.

Pas forcément agréable de comparer, mais Apple en joue dans sa communication, en instaurant notamment des ruptures de stock rapides. L’Allemagne de l’Est? Non. Cupertino.

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