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La littérature à la vitesse de la pensée

Les journées #pnflettres auront eu le mérite de faire germer quelques graines d’interrogation, et de matérialiser des questions que je ne me posais pas deux jours plus tôt. Dans une séance de questions/réponses lors de l’après-midi «Ecrire web», les auteurs étaient invités à réfléchir à la manière dont s’invente la littérature aujourd’hui.

Tous ou presque étant blogueurs, une bonne partie des interventions était centrée sur le travail autour du site personnel et des expérimentations qu’il permet: des textes souvent courts, quelquefois abstraits, toujours riches d’émotion brute, capturée au vol et publiée dans la foulée. Une forme de littérature qui, de fait, se fond dans le web pour une seule bonne et simple raison: elle en est l’expression même.

La littérature à la vitesse de la pensée: tout est dans le titre. Le livre, c’est le blog. Un livre qui s’écrit en direct, qui se soumet humblement au regard de ses lecteurs et en attend les retours, qui s’expulse plus qu’il ne se planifie.

Un livre exigeant aussi, puisqu’un blog qu’on ne nourrit pas s’étiole, puis meurt à mesure que ses visiteurs le quittent: l’écrivain blogueur est condamné à nourrir cet ogre s’il ne veut pas que son bourreau meurt, syndrome de Stockholm assumé qui contraint, oblige, à une certaine rapidité d’exécution.

La forme même du blog invite à l’expérience. Elle implique des billets courts, souvent lisibles de manière indépendante, ce qui exclue presque les tentatives romanesques “classiques” (même si on me prouvera sans doute le contraire dans les commentaires). Le livre est un journal. Pas n’importe lequel bien sûr mais un journal quand même, compte-rendu chronique, sensitif des pensées qui obsèdent leur hôte. Il faut aller vite, réfléchir à la vitesse du clavier.

Car le clavier numérique a certainement été une des plus grandes révolutions littéraires des dernières années, beaucoup plus importante que l’ebook en lui-même. Cet instrument permet dorénavant, plus que d’écrire, de prendre en note sa pensée en temps réel. La littérature comme sténographie de la pensée, nous y sommes: les écrivains du web retranscrivent ce qu’ils entendent en eux, les doigts aussi rapides que les tripes, et nous offrent des morceaux de littérature singuliers et nouveaux.

Qu’écrivons-nous lorsque nos outils vont aussi vite, voire plus vite, que nous? Peut-être alors l’estomac et le coeur prennent-ils le relais de la tête. Mais n’est-ce pas aussi cela, la création littéraire?

Et vous? Pensez-vous que le principe d’écriture web influence, modifie, les œuvres produites? Ressentez-vous aussi ce syndrome de Stockholm vis-à-vis de votre blog? Comment le clavier change-t-il la donne pour vous en tant qu’auteur, qu’éditeur?

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