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La quatrième de couverture, grande absente du livre numérique

Le livre, dans sa fulgurante course en avant, a oublié d’emporter quelque chose dans sa transformation numérique: sa quatrième de couverture. On pourrait penser qu’elle a été remplacée par autre chose — dans une forme différente — mais c’est à mon sens un peu plus compliqué que ça.

Deux faces d’une même pièce

Le livre, dans sa forme essentielle que nous lui connaissons depuis quelques centaines d’années, se découpe en plusieurs éléments.

  • le dos, sur lequel sont en général inscrits le titre, le nom de l’auteur et éventuellement la maison de publication
  • les tranches (tête, queue et gouttière) qui n’ont en général aucune fonction, sinon quelquefois celle d’être ornementée de taches, zébrures, voire de couleurs pleines (Jonathan Strange et Mr Norrell, Le dernier testament de Ben Zion Avrohom, etc…)
  • le premier plat, sur lequel on retrouve le graphisme de couverture (une photo, une illustration destinée à attirer l’oeil du lecteur, avec les informations principales de titre, auteur et édition: c’est la face “commerciale”, celle qui sera exposée sur la table, mise en avant)
  • et enfin la quatrième de couverture, qui nous renseigne un peu mieux sur le contenu du livre et sur son auteur, avec quelquefois une photo de l’intéressé, une biographie sommaire et surtout, un résumé du contenu, de l’histoire, etc.

Dans le processus de transformation numérique, certains de ces éléments ont naturellement disparu. Les tranches, bien sûr, se sont volatilisées en premier lieu puisque désormais l’ebook est un objet plat, en deux dimensions. Le dos, lui aussi, est parti, toujours dans cette même optique d’objet plane, sans relief. De fait, le numérique a focalisé son effort sur la face commerciale, la couverture, en y déposant toutes ses billes. Mais est-ce qu’on ne dit pas qu’il n’est pas raisonnable de mettre tous ses oeufs dans le même panier? En fait, nous pourrions avoir oublié quelque chose d’important en route.

La quatrième de couverture, remplacée par la fiche descriptive

Dire que la quatrième de couverture a disparu est une demie vérité: de fait, elle a été remplacée ou plus exactement, elle a été transférée. Le contenu informatif qu’on retrouvait au dos des livres papier a été déplacé sur les sites d’achat en ligne, sur les librairies virtuelles et fait désormais partie de la “fiche descriptive”, à côté de la couverture, sur le même niveau. Avant d’acheter le livre, on consulte cette fiche, on regarde la couverture et on télécharge éventuellement un extrait gratuit. La quatrième de couverture conserve sa vocation argumentative de première d’incitation à l’achat.

Mais je me suis trouvé récemment confronté à un problème qui m’avait jusque alors échappé. C’est explicable notamment par la relative jeunesse de ce marché, et aussi par le fait que nos bibliothèques numériques sont (en tout cas pour ma part) moins fournies que nos bibliothèques papier.

Mais c’est un problème qui pourrait risquer d’être assez ennuyeux un jour ou l’autre.

De quoi parle ce livre?

Ça nous est tous arrivé: acheter des livres qu’on ne lit pas tout de suite, pour plus tard. J’adore fouiner dans ma bibliothèque à la recherche de quelque chose d’inédit, que je n’avais pas envie de lire sur le moment mais qui fait sens aujourd’hui. Avec le papier, c’est facile. On fouine, on parcourt les dos des yeux, on retombe sur une vieillerie et on en lit la quatrième. Et paf, c’est le coup de foudre!

Mais comment fait-on en numérique?

On retombe sur une couverture (puisqu’il n’y a que ça) perdue au fin fond d’un dossier numérique, on parcoure quelques pages… c’est souvent difficile de se faire une idée du contenu de cette manière. Et à moins de se retaper une série de recherches sur Google pour chaque titre inconnu, il est difficile d’identifier ces ouvrages: ils ont justement perdu leur identité. 

 

Besoin d’une quatrième de couverture numérique

Je pense que — dans un souci de pensée numérique à moyen, voire à long terme — nous devons réfléchir à une manière de réintégrer la quatrième dans les processus de fabrication numérique. Nous devons faciliter l’identification de ces ouvrages d’une façon simple et concrète, éventuellement intelligente et novatrice, afin qu’ils puissent se définir en eux-mêmes (via une carte d’identité interne) et non pas en faisant appel à l’extérieur (un moteur de recherche, une librairie, etc, dont les ressources peuvent toujours être effacées). Une manière, dans un second temps aussi, de mieux intégrer les méta-données, de les rendre visible au lecteur et plus seulement au site qui les référence.

On considère moins l’ebook comme un objet que comme l’un des composants d’une ressource globale, connectée et intégrée dans un processus de lecture: c’est une époque où nous n’achetons plus un livre, mais une licence de lecture, une autorisation pour consulter un fichier.

Heureusement, des libraires veillent et proposent des achats de fichiers, fermes et définitifs. Grâce à eux, on peut enfin songer à léguer une bibliothèque numérique. À la transmettre. Et donc à l’inscrire non plus dans un cycle de consommation immédiate, mais dans une logique de continuité.

Il serait peut-être temps de penser l’ebook dans la durée. 

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