LES JOURNALISTES SONT NULS !!!

Le Morse revient, et avec lui les embrouilles!

Benoit Deschodt (ça se prononce DESKOTE, attention, l’animal est - en plus d’être talentueux - susceptible) est un nouveau venu dans l’équipe Walrus, et c’est suffisamment rare pour être souligné. Avec lui, nous poursuivons le chemin que nous avons choisi de suivre pour notre activité éditoriale: peu d’auteurs (car oui, nous sommes exigeants) mais de véritables OVNIS littéraires, à qui nous laissons ensuite carte blanche.  Les auteurs Walrus sont des bêtes rares, des phénomènes : ils manient avec originalité la langue et les thèmes, et s’approprient volontiers la contre-culture et la série B.  Saluons donc comme il se doit la création d’un nouveau numéro dans le cirque du Morse.

Benoit est journaliste, il le confesse volontiers (paix à son âme). Un journaliste indépendant qui a écumé la presse quotidienne, les magazines et même les plateaux de télévision: autant dire qu’il sait de quoi il parle.

Mais ce n’est pas parce qu’on fait partie d’une famille respectable qu’on n’a pas le droit d’en dire du mal! Avec une bienveillance toute relative, une plume qui n’est pas sans rappeler les interventions de Pierre Desproges au Tribunal des Flagrants Délires (hommage totalement assumé) et une ironie cuisante, l’auteur dresse les portraits des plus beaux spécimens de journalistes que vous pourrez rencontrer si d’aventure, vous vous égarez dans une rédaction ou sur un plateau télé. Et personne n’y échappe: de la secrétaire de rédaction au spécialiste des faits divers, du présentateur de journal télévisé au spécialiste du web, chacun en prend pour son grade et pourra se retrouver dans ces tableaux peints au vitriol. À condition d’avoir de l’humour… Extrait.

 » Le reporter de guerre est au champ de bataille ce que l’aphte est à la bouche : un parasite en milieu hostile qui emmerde tout le monde, à commencer par les militaires qui ne peuvent pas occire en toute quiétude et plus généralement, toute personne qui a plutôt intérêt à ce que la vérité ne fasse pas trop de bruit. Mais si l’aphte finit par disparaître au bout de quelques jours avec un bon bain de bouche, le journaliste de guerre lui, même lorsqu’il disparaît, reste toujours très présent. Car à défaut de ramener des informations et des reportages, son visage apparaît chaque soir en fin de journal télévisé et sur les façades de nombreuses mairies de notre bel et charmant Hexagone pacifié. Le reporter de guerre pris en otage devient alors un symbole controversé. Celui d’une presse prête au plus grand sacrifice pour informer d’un côté et, du côté de l’Élysée, celui de vilain petit irresponsable à qui on va faire pan-pan-cucul dès qu’il aura posé le pied sur le tarmac de l’aéroport de Villacoublay. À se demander même si l’otage ne fait pas exprès de rester en compagnie de ses ravisseurs pour ne pas avoir à subir l’humiliante fessée déculottée que lui a si finement promis le Président de la République en guise de cadeau de bienvenue. »

Véritable Paul-Émile Victor des salles de rédaction, Deschodt tape là où ça fait mal. Et c’est ce qui nous fait le plus rire, bien sûr. Et comme le résume Omar Mahdi, un autre journaliste qui s’est occupé de sa préface (ou de lui tailler un costard, au choix), « Benoit Deschodt est un journaliste comme les autres, à ceci près qu’il a de l’humour ».

Vous trouverez son livre dans toutes les bonnes crèmeries numériques, comme d’habitude, au prix d’ami de 1,49€.

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