Vendre ses ebooks à la page: une bonne idée?

Je suis tombé sur ce site récemment: TotalBoox.com

Dans le contexte actuel, chacun essaie de tirer son épingle du lot et de réfléchir à de nouveaux moyens de vendre son contenu numérique. Celui-là n’est pas dénué d’intérêt puisqu’il propose à ses lecteurs de ne payer que ce qu’ils lisent: on peut acheter une page, un chapitre, ou juste la moitié du livre si on considère que le roman que l’on est en train de parcourir va droit dans le mur.

Alors oui, c’est une solution pour tous ceux qui, comme moi, possèdent d’encombrantes piles d’ouvrages, papier ou numérique, à peine entamés ou presque finis. Cette typologie de mode de consommation nous vient tout droit d’Apple (encore une fois) qui le premier a proposé de vendre les albums musicaux au morceau. L’engouement est celui qu’on connait, puisqu’il a relancé le marché de la musique au point qu’aujourd’hui, les maisons de disques pourraient difficilement se passer d’iTunes.

Pour ma part, je considère néanmoins qu’une œuvre est globalement indivisible. Si j’ai bien acheté quelques morceaux sur iTunes, dans 99% des cas j’achète l’album entier, considérant qu’il doit être écouté dans sa longueur pour être compris (O hérésie de la lecture aléatoire). D’instinct — je peux me tromper — j’irais dans le même sens concernant la lecture. J’aurais trop peur de rater quelque chose d’exceptionnel. Et ce que l’on apprécie pas tout de suite peut être relu avec plaisir quelques années plus tard. Tous ces livres sur mes étagères… ils ne sont pas abandonnés: ils dorment, ils attendent.

Des alternatives existent

Je pense que je ferai un billet complet sur la publicité dans les livres car cela mérite en soi un examen complet et approfondi. On citera notamment l’initiative de Youboox, plateforme de lecture en ligne sur laquelle on peut lire gratuitement les ouvrages en échange de la présence d,un bandeau de publicité au-dessus des pages. J’y ai ainsi lu le dernier livre de Nicolas Rey aux éditions du Diable Vauvert “L’amour est déclaré”. Je reviendrai sur cette expérience car elle mérite qu’on s’y attarde, pour plusieurs raisons — bonnes et mauvaises.

Quoi qu’il en soit, c’est un marché qui se cherche. Des idées sont développées, abandonnées et retenues, et c’est très bien comme ça.

Hier, l’un de mes lecteurs postait un commentaire sur un précédent article. Il y soulignait le fait que des années plus tôt, on avait cherché le meilleur moyen de faire payer l’accès des sites internet. Au final, la meilleure solution retenue fut celle de l’abonnement, avec laquelle nous sommes désormais familiers, notamment via les sites de presse en ligne. Ce même lecteur décrivait aussi son sentiment d’étrangeté vis-à-vis de l’achat de livres numériques: pour lui, l’achat à l’unité paraît incompatible avec le concept même de contenu numérique, notamment j’imagine par son aspect changeant.

Des solutions d’abonnement sont proposés par différents acteurs du numérique: je pense bien sûr à nos confrères et néanmoins amis Numeriklivres et Publie.net, qui offrent à leurs lecteurs la possibilité de s’abonner à leur catalogue pour une somme annuelle modique, permettant ainsi un téléchargement illimité des œuvres, sans restriction à l’unité.

Dans le cas de Walrus, nous publions sans doute trop peu pour proposer des solutions d’abonnement, qui ne seraient pas rentables. J’aime le côté exceptionnel de nos publications, leur rareté que je souhaite cultiver, le travail et le temps passé à chercher les meilleures solutions — techniques et artistiques. Néanmoins la solution abonnement me paraît être une bonne piste: nous réfléchissons à des manières de l’intégrer dans notre offre. Elle résout le problème de notre lecteur qui se demandait l’intérêt d’un achat unitaire en numérique.

Néanmoins — et comme pour le streaming en musique — cette solution pose la question d’une rémunération suffisante et surtout claire pour l’auteur, ce qui n’est pas gagné. Difficile de faire la part entre les téléchargements à l’unité, les téléchargements abonnés et la lecture streaming: c’est un casse-tête auquel les éditeurs numériques sont confrontés chaque jour (comme s’il n’avaient que ça à faire, entre les problèmes de format et de compatibilité).

                    

Et vous?

Pensez-vous que le livre numérique soit à terme incompatible avec l’idée de vente à l’unité?

Dans votre cas, quel vous semble le meilleur moyen d’achat de contenu numérique?

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