— Cathie, les nuits chaudes —

Michael Roch

Michael Roch a vu ses premières œuvres publiées dans divers fanzines fantastiques et horrifiques avant d’intégrer les éditions Walrus. En 2016, il publie Les Vicariants, au Peuple de Mü, avec, entre autres, Alfred Boudry, avec qui il a souvent collaboré. Michael Roch est également chroniqueur et l’un des prescripteurs les plus suivis des littératures de l’imaginaire via la chaine YouTube qu’il a co-créée : La Brigade du Livre. On peut le trouver sur YouTube, sur Facebook et sur Twitter.

Ça commençait toujours comme ça, avec Cathie. Ça bouillonnait en elle, et il fallait que ça explose. Souvent, c’était quand les soirs étaient trop chauds, après le repas, et où notre deux-pièces minable qui puait l’humidité et l’ennui se transformait en cage à rats.

Ce grouillement poisseux qu’elle couvait, dans ces moments-là, était contagieux. On s’en voulait pour un rien ; le cadavre oublié d’une bouteille de bière, une tache de sauce burger sur le canapé, un carton de pizza qui trainait avec ses restes de croûtes. Tout était prétexte à l’engueulade. Je ne sais pas à quoi on pensait, mais on ne s’engueulait pas. Ça sentait le trop-plein, il fallait que ça pète. On se balançait des regards noirs, des œillades meurtrières. On aurait pu s’égorger. Alors quand elle me chopait en train de triturer avec nervosité la lame que je gardais d’ordinaire dans ma poche, elle venait prendre une clope dans mon paquet et se mettait au balcon pour tirer ses tafs. Je rangeais mon couteau à cran et la rejoignais, comme à chaque fois.

Du haut de notre tour HLM, on avait vue sur le périphérique et sur l’usine dans laquelle on bossait. C’était déjà ça. On ne se tapait pas les autres blocs de la cité, ni les cris des gamins qui jouaient en bas. On fumait notre clope en regardant le ciel rouge, sans dire un mot. Elle en culotte, moi encore en jean du boulot. On n’avait pas besoin de parler. On savait ce qu’il y avait en nous : cette envie, cette rage, ce volcan qui gonflait à chaque bouffée de tabac. Je pouvais sentir toute la chaleur de son corps rien qu’en effleurant son bras de mon épaule. Et puis le tourbillon sanguin la submergeait de nouveau. Elle tortillait du cul. Souvent, avant qu’elle ne jette son mégot sur le balcon du dessous, elle faisait claquer sa langue avec un bruit mouillé, comme l’expression de son désir, comme pour me dire « c’est bon, on y va ». En réalité, c’était dans ses yeux que je lisais tout ça : la fièvre, la faim, l’insatisfaction que provoquait notre sale routine. Quand elle me lançait ce dernier coup d’œil, vide de toute rage et rempli d’un autre fantasme, j’étais à chaque fois dans le même état, la mi-molle collée au fond du froc. Et je me disais « c’est bon, on le refait ». Ça commençait toujours comme ça, avec Cathie.

On descendait en ville avec le bus 14 sans prêter attention aux racailles du quartier. Dans la cité, on nous prenait pour des zonards. On faisait partie du paysage ; des passe-partout, des galériens, des sans-avenir. On ne regardait personne et personne ne nous regardait. On bouillait dans notre coin, l’âme impatiente au bord de la déchirure. J’avais le syndrome de la jambe folle, elle se rongeait les ongles. Malgré nos vêtements, nous percevions la torture de nos corps, les effluves de nos sueurs. On s’arrêtait au hasard, dès qu’on n’en pouvait plus. On se retrouvait souvent sur des boulevards excentrés de la capitale, gorgés d’une salissure palpable mais invisible, dans des rues glauques qu’on ne connaissait pas. On choisissait le premier bar qui nous tombait sous la main. J’allumais une tige, et Cathie entrait la première.

Je l’imaginais débarquer en panique, au bord des larmes, s’asseoir aux côtés de deux piliers de comptoir déstabilisés par l’arrivée d’une poulette si mignonne. C’était la même scène à chaque fois. Elle plongeait sa tête dans ses mains et commandait une bière – la plus chère, la plus forte. Et puis elle regardait les hommes autour d’elle, un à un, les yeux dans les yeux. Elle mordillait son pouce entre ses lèvres, et elle racontait son histoire, ses angoisses : le courage qu’il lui avait fallu pour me fuir, la force dont elle avait fait preuve pour courir jusqu’à ce bar, la peur qui la tenait encore de me voir débouler pour la ramener dans un lieu qui la dégoutait. Les hommes l’écoutaient, fixaient ses cheveux blonds, ses doigts fins sur sa nuque blanche, la cambrure de ses reins sur la chaise du comptoir. Elle, si douce, si femme et si proche d’eux en même temps. Eux, les esseulés, les tape-pinards, les écumeurs de mauvais jours. Il y en avait toujours un pour engager la conversation. Toujours un plus vif que les autres pour lui remonter le moral avec des salades et, dans la pupille, la lueur d’espoir de ne pas terminer la soirée célibataire. Un, avec un blouson de cuir noir et les cheveux gominés ; le genre de beau garçon des années 60 que la vie a étiré, délavé et ridé. Cathie finissait par poser sa tête sur son épaule, le nez dans son cou, la main à plat sur son torse. L’homme acceptait cette seconde de gloire, cette seconde de tendresse, d’amour pur et désintéressé.

À la fin de la clope, je me ruais dans le bar comme un projectile en fusion. Je la traitais de pute. Je criais :

— Elle est où, cette sale pute !?

Je sautais sur elle, la poussais, et Cathie se débattait, m’insultait, me baffait. Connard. Ordure. Petite bite. Je la giflais en retour, la bave aux lèvres, les yeux furibonds. J’aimais ça, qu’on s’engueule, qu’on s’étripe en public. J’aimais ça, mais ce n’était pas notre exutoire. Ça ne faisait rien retomber. Ça ne nous lavait pas de la crasse accumulée au fil de nos journées entre quatre murs. Au contraire, les cris et les heurts, c’était pour faire mousser, lever la pâte, augmenter la brûlure de nos corps. On se déchainait devant le barman et sous les yeux des clients qui n’osaient pas intervenir. Un couple qui se déchire a quelque chose d’horrible, personne ne voudrait y assister. Personne ne souhaiterait vivre ça, ni une, ni deux fois. On jouait cette comédie tragique jusqu’à ce que je fracasse une chaise, ou un verre. Jusqu’à ce qu’un des ploucs se lève de son trône et colle ses doigts puants sur mon épaule. De temps à autre, je me retournais vers lui, certaines fois je ne le regardais même pas. Je continuais d’insulter Cathie qui fondait en larmes. Souvent, je lui envoyais un pain dans la gueule, au type. Et avant que tout dérape, on s’enfuyait en courant, elle et moi, main dans la main. Déjà, là, à sa manière de cavaler, de secouer ses cheveux, de contenir son sourire, je savais qu’elle avait envie de baiser.

On prenait n’importe quel bus. On changeait de quartier. Elle était comme un geyser, Cathie, dans ces entre-deux où il n’y avait que nous et nos corps, nous et la folie qui nous étouffait, nous et ce grondement qu’il fallait cracher. On quittait l’abattement quotidien, le monde assoupi, morne et hypnotisé. On se sentait réveillé et au-dessus de tout : vivants et cernés par la dévastation d’un peuple éteint. Ça nous excitait. Et on entrait dans un autre bar, comme à chaque fois.

Je crois que la première fois, c’est arrivé presque par accident. Ou alors Cathie avait eu l’idée – elle lançait souvent des idées surgissant de ses fantasmes. Cette première fois n’a plus d’importance aujourd’hui ; elle n’a fait qu’ouvrir une porte sur un nouveau monde, meilleur, pour elle comme pour moi. Donc on a continué. On se terrait dans ce second bar, on s’asseyait ensemble au zinc, on commandait deux pintes de bière – toujours les plus chères. Et on attendait. Moi, je l’avais presque dure, dans le froc. Je me touchais souvent, en pensant à ce qui allait se passer. Je savais que Cathie mouillait, elle se trémoussait sur le rembourrage en cuir de son tabouret haut. Si elle se levait du siège, on pouvait voir, l’espace d’une seconde, une raie de sueur. On attendait, agités comme des punaises de lits – celles-là qui s’enfilent à tout bout de champ. On attendait en observant les hommes dans le bar. On les dévisageait, on les jaugeait, on prenait des mesures mentales : la taille, le poids, le caractère. On dénichait le plus remarquable, le plus couillu, le plus grande gueule. Cathie était très forte à ce jeu. Très souvent, c’était elle qui trouvait le bon. Et à chaque fois, j’étais d’accord. Elle le désignait discrètement de son index. On aurait cru qu’elle jetait un sort. C’est vrai. Elle ensorcelait ses proies. Elle m’ensorcelait aussi.

Une fois, un type est entré après nous, avec sa bande de collègues. Ils avaient dénoué leurs cravates. Lui portait un blazer anthracite de chez Jules sur un pantalon rouille griffé Zara, peut-être. Je ne me souviens plus trop. Chemise blanche, col italien. Ça, ça me revient. Le col italien s’accordait avec sa montre plate, sobre et fine. Il est entré comme ça, et il a enroulé sa veste sur son épaule en regardant Cathie. Il ne lui a rien dit. Elle lui a souri et il a commandé pour toute sa bande. Des gueules de commerciaux, des petits publicitaires ou de faux assureurs. Ils ont pris des bières et se sont installés sur une banquette au fond du bar, près des toilettes. Je savais qu’elle l’avait choisi, alors je suis allé fumer dehors.

Quand je suis retourné à l’intérieur, elle était à la banquette, le cul en équilibre sur les genoux du type au pantalon rouge et aux mocassins grainés. Il avait sa main sur la cuisse de Cathie, qui riait. En me voyant, elle est revenue vers moi. Elle a posé sa pinte à moitié vide à côté de la mienne, et elle m’a dit :

— Je vais aux toilettes.

Elle y a disparu. Je me suis assis. Et le mec l’a rejoint.

Je me disais « Charles, fais quelque chose. » Mais je ne bougeais pas. J’étais pétrifié, coincé entre la sensation d’un magma terrible qui voulait que j’explose, et une excitation qui enflammait ma curiosité. Une jalousie féroce me poussait à me lever pour défoncer la jolie poire de ce primate, et une effervescence électrique me tenait sur mon siège avec une gaule qui n’en finissait pas de grossir. L’instant dura une éternité.

Ils ressortirent ensemble des toilettes. Lui, il a rejoint ses potes qui ricanaient. J’avais honte, mais je n’attendais qu’une seule chose : que Cathie me raconte. Ses yeux doux me firent oublier ma douleur. Elle a enlacé mon cou et déposé un baiser humide sur mes lèvres. J’ai fondu sur place. Je lui ai pris la taille en appuyant chacune de mes phalanges dans le creux de ses reins. Avec une voix vacillante, je lui ai demandé :

— Tu as joui ?

Elle a hoché la tête, un sourire niais scotché sur la face. Elle a répondu :

— Je suis encore toute mouillée.

Alors j’ai glissé une main dans son pantalon, sous son bouton. Je sentais ses poils pubiens. Je me suis enfoncé un peu plus. Elle était brûlante. Je me souviens de mes doigts qui pinçaient les replis de sa chatte à la recherche des traces de jolie-poire. Mais Cathie m’a dit non.

— Comment ça « non » ?

— Pas par là, elle a précisé.

Mon sang n’a fait qu’un tour. J’ai passé ma main sur les fesses de Cathie, puis entre ses miches, le long de sa raie et jusqu’à son anus où j’ai senti s’écouler le filet visqueux de son cocufiage. Au fond de la salle, l’autre connard nous regardait en se mordant le poing.

Il l’avait prise par le cul. Je m’imaginais la scène : il l’avait suivie jusque dans les chiottes, il avait coincé son pied dans la porte avant qu’elle ne la referme par jeu et elle l’avait fait entrer dans son W-C en lui montrant ses dents. Il lui avait chopé la gueule d’une main ferme et, détournant son visage, il l’avait forcé à fixer les taches sur le mur. Il lui avait peloté les seins de son autre main, une trique insoutenable dans son futal, puis il avait plaqué la tête blonde contre la cuvette. Elle, transie d’excitation, affolée par ses sens, elle avait dégrafé son jean. Il l’avait dénudée d’un geste brusque, arrachant froc et culotte. Et il l’avait enculée. Sans semonce. Sans avertissement. D’un coup, d’un seul. Les doigts plantés dans le gras de ses hanches. Des coups de boutoir à s’en déchirer le frein. À s’en lacérer la peau. À s’en répandre d’égoïsme, parce que c’était trop bon, parce que c’était trop rare. Parce que c’était une chienne. Une salope. Et qu’elle en voulait. Elle en voulait plein, Cathie. Elle en voulait plein le cul.

Et puis après, elle l’avait remercié. Elle l’avait embrassé comme une épouse dit adieu à un condamné à mort. Elle lui avait bécoté sa poire fanée, à lui, le fini, le périmé, le déjà-terminé. Elle remerciait comme une sainte adorant son crucifix, car, sans le vouloir, il lui rappelait que rien n’était éternel. Elle savait très bien qu’elle ne le reverrait pas. Qu’il ne la baiserait plus jamais. Que ces quelques minutes puaient toute la précarité de nos vies : à peine commencées, déjà bouclées. Entre les deux, il fallait connaître l’intensité d’avoir tout vécu, deux fois au moins. Tout ça pour quoi ? Pour rien. Pour crever comme des chiens, le nez dans un caniveau. C’était ça, son fantasme : baiser des presque-achevés, des quasi-trépassés, des mecs que le monde oubliera avant même qu’ils rendent leur dernier souffle. Et ça se passait toujours comme ça.

La bande de ploucs a fini par quitter le bar. Lui a filé devant nous sans décocher un regard. Ses lèche-bottes ont maté le cul de Cathie, et ma main sous les coutures, avec des airs vicelards.

Là, quand nous étions de nouveau seuls, Cathie restait quelques minutes à me plaquer contre ses seins. Elle me cajolait, déposant des baisers sur mon visage jusqu’à ce que j’arrête de trembler, jusqu’à ce que la jalousie s’évapore et que mon désir d’elle reprenne le dessus. Elle savait très bien y faire. Elle attendait que les battements de nos cœurs se réalignent et cognent plus fort, à l’unisson. Elle susurrait alors mon nom, consciente de la nouvelle rage qui montait en moi. Elle aimait ça : me sentir bouillonner contre son corps, et glisser dans ce tumulte les mots qui me mèneraient jusqu’à l’éruption.

On rejoignait la rue. On se mettait en chasse comme deux loups anorexiques, camés, accros à ce jeu vital et irremplaçable. Il fallait extraire cette fureur qui grondait en moi. Il fallait retrouver l’homme, le rattraper. C’était à mon tour de combler la faim de mon esprit instable.

Cette nuit-là, notre belle-gueule avait quitté son groupe d’amis pour rentrer chez lui. Il avait emprunté un raccourci, un boyau vers une station de métro, dans le boulevard d’à côté. Cathie l’a appelé. Il a rebroussé chemin pour venir lui prendre la mâchoire comme un diable sur une âme perdue, avec un sourire carnassier. Il appuyait sur ses joues pour que sa bouche s’ouvre et se déforme. Il postillonnait des insanités sur la langue de ma gonzesse, faisant semblant de ne pas me voir, pensant qu’il allait remettre un coup, là, devant moi. Mais je suis intervenu.

— Non, cette fois-ci, c’est mon tour.

Il a dû me prendre pour un pédé, ou un de ces maris cocus qui, faute de pouvoir satisfaire leur femme, la prête avant de se faire bourrer à leur tour. Mais quand j’ai posé ma main sur sa jolie chemise pour les séparer, il a senti ma rage comprimée à l’intérieur, mon démon clandestin. Il a senti que nous étions plus forts que lui. J’ai lu la frousse dans ses pupilles, la crainte de se faire mettre comme une fillette. Moi, je cherchais autre chose. Au fond de ses billes, c’est la peur de la mort que j’espérais trouver. Je souhaitais que ce connard comprenne qu’à cet instant précis, il était au bout du rouleau, qu’il était arrivé au terme de son existence. Je voulais la révélation. Je désirais voir cette étincelle de lumière dans le noir de ses pruneaux.

Et tout lui est apparu lorsque j’ai tiré la lame de ma poche. L’abysse, le néant, tout ce qu’il masquait derrière sa belle gueule a ressurgi. Ses traits se sont illuminés d’une angoisse délectable. J’ai déchiré sa chemise. D’un coup, d’un seul. Et je l’ai planté seize fois avec un plaisir effréné. Il a senti le fer percer sa croûte, pénétrer sa chair, écorcher ses côtes. Le poumon, le foie, le cœur, la gorge. Il a grommelé au milieu de gargarismes de sang. Ses doigts ont tâté mes épaules et mon visage comme on cherche un interrupteur dans l’obscurité. La gorge, le foie, le cœur, le poumon. J’ai aimé lui montrer mes dents tandis qu’il paniquait. C’était moi qui le trouais. À en extraire ses glaires rouges. Qui le brisais à m’en fragmenter l’image. Qui le baisais jusqu’à ce que ses yeux perdent prise sur la réalité. Je me souviens de ses yeux contemplant mes lèvres pleines d’une écume pâteuse.

Cette nuit-là, j’ai joui violemment. Cinq giclées ardentes, retenues en moi depuis trop longtemps. J’étais en sueur, mais rassasié. J’ai laissé le corps dans sa flaque de sang et je me suis relevé. J’ai enlacé Cathie, et on s’est embrassé au-dessus du macchabée, comme au premier jour. On n’était plus que tous les deux, l’âme ouverte et déchargée, fous amoureux de la vie qu’on menait. Ces nuits chaudes, c’était de la dope, de l’héroïne. Ça se déroulait comme ça à chaque fois : avec fougue. Mais celle-là, ce fut la meilleure soirée de toute notre histoire.

Notre état de grâce durait plusieurs jours, redescendant en vagues d’émotions brutes et fugitives. On couchait ensemble, on écoutait de la musique – Gainsbourg, Bashung, etc., on passait nos journées à poil, on s’habillait seulement pour aller bosser. On finissait par s’ennuyer un peu. Alors quand le bourdonnement de nos pensées devenait trop insupportable, on recommençait. On descendait en ville avec le bus 14. On était bien. Jusqu’au jour où l’usine a fermé. Je suis resté au chômage, elle a trouvé un autre boulot. Puis, elle a changé, elle m’a quitté comme toutes les autres.

On s’est revu une fois, par hasard, dans un pub du centre-ville. On a baisé dans les chiottes comme si le monde allait s’écrouler la seconde suivante. Alors pour répondre à votre question, docteur : oui, je crois qu’elle savait comment tout ça finirait. Elle savait, ce dernier soir où on s’est envoyé en l’air, comment elle finirait : dans une ruelle sombre, le nez dans le caniveau.

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4 commentaires

  1. Thierry Soulard sur 9 mai 2017 à 9 h 15 min

    Splendide nouvelle ! Écriture en forme de coup de poing, rebondissements, ambiance noire et moite ultra maîtrisée… J’ai adoré.

  2. CAROLINE THOMAS sur 10 mai 2017 à 13 h 38 min

    Ambiance tendue, belle écriture ! par exemple : « Ses doigts ont tâté mes épaules et mon visage comme on cherche un interrupteur dans l’obscurité » J’ai beaucoup aimé.

    • Stéphane Arnier sur 12 mai 2017 à 10 h 59 min

      Beaucoup de bonnes phrases, mais en effet celle-ci est particulièrement frappante.

  3. Christophe Drevet-Droguet sur 11 mai 2017 à 14 h 53 min

    Une histoire qui retourne. On ne s’y attend pas, c’est très fort.

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