— Vous prendrez bien un verre ? —

MACHIN

Quand ça n’est pas trop occupé à glander, ça essaye d’écrire des trucs… de la fantasy, surtout, et puis du fantastique, parce que c’est chouette. Ermite à temps partiel. Rêveur de niveau 90. Souffre de la malédiction : Toute idée, en série se transformera.

On connaît aussi « Machin » sous le nom de @M_Blop sur Twitter.

Aguichée par une odeur familière, la trompe se glisse dans l’entrebâillement de la porte. Elle renifle, s’avance encore un peu, bientôt suivie d’une tête ronde. Au milieu du visage grassouillet, deux petits yeux noirs balayent la salle déserte d’un restaurant. Son porte-documents dans une main, l’individu ôte son feutre d’une autre et s’évente avec. Sur son crâne, seuls trois pauvres cheveux résistent encore à l’hécatombe qui a emporté tous les autres. La peau est bleue, rendue plus sombre que de nature par la faible luminosité du lieu.

Il ferme derrière lui et s’aventure dans la pièce. L’endroit fait chic, mais pas dans le genre clinquant, préférant lorgner du côté de la sobriété. Des nappes rouges, presque l’unique touche de couleur, sur des tables dressées. Quelque part, un gramophone grésille sur la plainte d’un saxophone.

L’une de ses quatre mains libres se lève et vient desserrer son nœud de cravate. Il a la trompe qui frétille et son regard ne tarde pas à se tourner en direction du bar. Il s’arrête sur un ventilateur cabossé, puis sur un petit barbecue de table où de gros insectes cuisent en chuintant. Le premier ne cesse de couiner, tandis que ses hélices tournent et produisent un souffle de vent tiède chargé d’une puissante odeur.

— C’est pas vrai !

Sa mâchoire inférieure tombe et c’est d’une démarche précipitée qu’il vient se pencher au-dessus des insectes. Des Noeils ! Mince alors, et lui qui pensait qu’on n’en trouvait plus. Sa trompe ronfle, se régale de leur parfum qui fait remonter en lui de lointains souvenirs.

— Bonsoir, monsieur.

Il se redresse et va pour saluer le nouveau venu, mais les mots se coincent dans sa gorge.

Il s’agit d’un homme aux cheveux effilés, blonds, trop blonds, comme ses yeux bien trop bleus. Les dents qui se dévoilent derrière son sourire souffrent du même défaut : trop blanches, trop droites, trop parfaites. Insupportable. Un veston et un nœud papillon sombres, sur une chemise blanche et un pantalon noir.

L’individu est arrivé par une porte, située derrière le comptoir. Il porte dans ses bras une caisse où s’entrechoquent des bouteilles en verre. Alors qu’il la pose au sol, il remarque le mutisme hostile et méfiant de son client.

— Un problème ?

L’autre renifle.

— Vous, vous êtes humain, pas vrai ?

Un sourire, puis :

— Vous pensez que je le suis ?

— En tout cas, vous en avez l’air.

— Il ne faut pas toujours se fier aux apparences, monsieur.

S’ensuit un silence, au cours duquel le barman laisse deux doigts glisser le long de sa joue. Son visiteur s’en retourne aux insectes et lâche un soupir plein d’envie.

— Profitez-en, l’incite le blond, ce sont les derniers. Tenez, je crois même avoir le sang qui conviendrait à votre dégustation.

Le bleu hésite, tandis que son interlocuteur se tourne vers le meuble derrière lui. Mais la tentation est la plus forte. Il n’a pas mangé de Nœil depuis son enfance et le souvenir du croquant de leur carapace lui fait déjà monter l’eau à la bouche. Il se hisse sur l’un des tabourets qui longent le comptoir, son porte-documents à ses pieds et son feutre sur le plateau. Tout en desserrant davantage sa cravate, il reporte son attention sur le barman qui glisse vers lui un verre pas plus haut que son majeur.

— Et voici, monsieur, lui dit-il, avant de désigner les insectes de la main. Je vous en prie, servez-vous.

Puis il dépose une serviette devant son client, qui a attrapé un Noeil, sans toutefois oser croquer dedans. La bestiole suinte un liquide opaque, épais et odorant, dont quelques gouttes s’écrasent sur le bois du plateau. Elle a la carapace couleur feuilles mortes et doit son nom à la multitude de petits yeux qui la parsèment. Pour l’heure, ceux-ci sont racornis par la cuisson, leurs pupilles fixant un même point dans la mort. Dessous, pas de tête, mais des dizaines et des dizaines de pattes flasques qui s’entremêlent.

— Et si vous m’expliquiez ? s’enquiert-il, avec un mouvement du menton en direction du barman.

Celui-ci désigne son visage du doigt.

— Vous voulez parler de ceci ? Un petit différent avec une fée. Disons qu’elle a voulu me donner une bonne leçon.

— En vous rendant laid ?

— Beau, selon ses critères. Mais nous sommes d’accord, cette apparence est tout à fait répugnante.

Le client grogne mais toute méfiance disparaît de ses traits épais. Il ouvre la bouche et dévore la moitié de l’insecte brûlant, réduit en bouillie le corps mou et sa carapace. Sa langue noire passe sur ses lèvres et sa trompe frétille de plaisir.

— Par les cornes de l’Ancêtre, ’parlez d’un régal !

Il gobe le dernier bout et se penche sur sa droite pour en saisir un autre qu’il dévore encore plus vite que le premier. Puis il porte le verre à ses lèvres, tout en s’essuyant les doigts sur sa serviette. Un petit son s’échappe de sa trompe.

— Mince de mince ! On peut dire que vous vous y connaissez, question qualité.

Son regard s’attarde sur le blond.

— Même si la vue laisse à désirer… Quel genre de vacherie vous lui avez fait pour mériter ça ?

Comme il se penche à nouveau en direction des insectes, son regard s’arrête sur un petit œuf transparent exposé sous une cloche. À l’intérieur, une minuscule créature à la peau blanche et aux yeux bleus le fixe.

— J’ai commis l’erreur de m’attaquer à sa protégée, lui répond le barman en venant essuyer les taches graisseuses qui s’étalent à présent sur le comptoir. L’une des dernières princesses de la lignée des Cendres.

Il sourit et, dans ses yeux, il y a comme une lueur nostalgique.

— Une enfant délicieuse. J’ai toujours eu un faible pour les princesses… et malheureusement pour moi, les fées aussi. Quoique pas pour les mêmes raisons, ajoute-t-il en laissant entendre un petit rire. Enfin, voilà ! J’avais à peine terminé mon repas que je me suis retrouvé nez à nez avec sa marraine.

— Et elle vous a rendu… – des doigts, le client fait le signe des guillemets – beau.

Quant à lui, il se trouve en compagnie d’un drôle de spécimen. Et pas de la meilleure. Les fées, il le sait, aiment s’acoquiner avec le genre humain et prendre sous leur protection de jeunes filles, surtout si elles sont de sang royal. Un passe-temps aussi étrange que de mauvais goût. Du reste, il lui semble que tous ceux éprouvant de l’attrait pour cette espèce, même culinaire, sont des êtres infréquentables. Son voisin, par exemple…

— Ces gens ont leur propre logique. Elle pensait qu’ainsi mon cœur s’éveillerait à la bonté, à la compassion – que sais-je encore ! et que je prendrais conscience de la cruauté de mon geste. Autant vous dire que ça n’a pas eu d’autre effet que de me rendre fou furieux.

Il termine son troisième Noeil et le fait descendre d’une gorgée de sang.

— Et qu’est-ce qu’elle est devenue ? J’imagine que vous ne l’avez pas laissée filer.

— Oh non, monsieur.

— Ah !

— Vous êtes en train de la boire.

Le client manque de recracher la gorgée qu’il a en bouche et porte le verre à ses yeux.

— Vous voulez dire… que vous l’avez tuée ?!

— Précisément.

— Mais c’est idiot ! Comment vous allez vous y prendre pour lever le sort, maintenant ?

— Ça, je n’y ai pas réfléchi sur le moment. C’est que la colère a tendance à m’aveugler et… je le regrette, bien sûr. Du moins, je regrette de l’avoir tuée avant qu’elle ne m’ait rendu mon apparence.

— ’parlez d’une histoire, grommelle l’autre en secouant la tête.

Comme il attrape le dernier insecte, son attention est de nouveau attirée par la petite créature dans son œuf. Malgré le givre qui opacifie ici et là la cloche, il peut distinguer un corps imberbe à la tête en forme de larme.

Il mâchouille pensivement et jette un regard autour de lui. Ils sont toujours seuls et le gramophone est devenu silencieux. Quelques craquements s’élèvent dans la pièce et il remarque que celle-ci ne possède pas de fenêtre. L’établissement se situe dans une rue calme et il faut descendre un escalier pour y accéder. Une cave sans enseigne, parfaitement anonyme. Près de lui, le barman empile des menus.

— Je n’avais jamais entendu parler de votre établissement, avoue-t-il. Pourtant, je passe presque tous les jours dans le quartier.

— Ah, c’est sans doute parce que nous ne cherchons pas à nous faire connaître. Voyez-vous, nous avons une clientèle très sélective, constituée majoritairement de Croqueurs.

Le bleu sent un frisson lui remonter le long du dos. La nervosité vient crisper ses traits et c’est presque d’une voix de conspirateur qu’il questionne :

— Vous voulez quand même pas parler… de ces espèces de mâchoires sur pattes ?

— En fait, l’établissement appartient à l’un d’entre eux.

— Par l’Ancêtre !

Da la sueur perle jusqu’à ses tempes. Il se sent soudain dans la peau d’une proie que l’insouciance aurait précipitée dans la gueule de l’ogre. La main qui tient son verre tremble un peu.

— Y a-t-il un problème, monsieur ?

— Je n’aime pas ces types-là, répond-il avec brusquerie. L’un d’eux a boulotté mon grand-père et dans la famille, ça nous a marqué.

— Je vois…

— Qu’est-ce que vous pouvez bien foutre avec eux ? – de suspicion, ses paupières se plissent – Attendez ! Me dites pas que vous en étiez un avant que…

Son interlocuteur lève une main.

— Que le Grand Tout m’en préserve, non monsieur. Je n’ai pas eu cette malchance.

— Mais vous travaillez pour un Croqueur !

Ça sonne comme un reproche. Le barman sourit doucement.

— En effet… toutefois, vous n’avez rien à craindre de nos habitués. Mon patron ne permettrait pas qu’il soit fait du mal à un client disposé à lui remplir ses caisses. Il aime trop l’argent pour ça !

— Juré ?

— Parole, monsieur.

Quelque peu tranquillisé, son interlocuteur termine son verre, pensif. Une population aussi cosmopolite que celle de cette frontière dimensionnelle attire forcément les prédateurs, surtout ceux de ce gabarit. Il s’étonne même de ne pas en avoir déjà croisé depuis son installation ici. Néanmoins, il sait les Croqueurs scrupuleux à respecter les règles qu’ils établissent et le désir de discrétion de ceux-là doit en faire partie. Leur présence dans le voisinage reste toutefois problématique…

— N’empêche, ça ne doit pas être la joie tous les jours pour vous. Je veux dire… avec cette apparence… les fréquenter tient du courage.

— Allons ! Nous parlons des plus grands gourmets auxquels les Plans aient donné naissance. Pourquoi se soucieraient-ils d’une chair comme la mienne ? Un humain est une denrée si banale. Il leur suffit de se baisser pour en ramasser par poignées. À la limite, si j’avais été une belle et jeune vierge, sans doute aurais-je eu quelques soucis à me faire, mais…

Le blond écarte les mains.

— En l’état, ma carcasse ne vaut pas grand-chose.

— Alors vous pouvez vous estimer chanceux. Je peux pas en dire autant…

Et parce qu’il se souvient d’avoir terminé le dernier Nœil, il laisse échapper un soupir. Ses petits yeux s’attardent sur l’œuf et l’observent avec intérêt. La coquille, parsemée de craquelures et d’éclats, rappelle de la glace.

Par curiosité, il tend la main en direction de la pile de menus. Le gramophone a repris du service et ses grésillements accompagnent le chant d’un orchestre.

Dans les pages qu’il feuillette, des noms aussi exotiques que « Chair de licorne angora », « Tête de chupacabras et son coulis de bouc sacrifié », ou encore « Œil de cyclope farci ». Il y en a pour tous les goûts et, pour seul point commun, leur prix prohibitif. Il constate que sa gourmandise risque de lui coûter tout ce que contient son porte-feuille. Ce qui n’a rien de surprenant, lorsque l’on sait quel genre de fesses ont l’habitude d’user les sièges du coin.

— Je vais y aller, annonce-t-il en se redressant. Combien est-ce que je vous dois ?

— Eh bien, commence le barman.

Se saisissant d’un petit carnet et d’un crayon, il commence à gribouiller dessus.

— Nous disons donc quatre Nœils, ainsi qu’un verre de sang de fée six fois centenaire, ce qui nous fait…

Tandis qu’il calcule, l’homme bleu resserre sa cravate et se baisse pour ramasser son porte-documents. Quand il se redresse, son regard s’arrête sur la créature dans son œuf. Il se demande à quelle espèce elle appartient. Les Plans recrachent régulièrement de nouvelles formes de vies et avec le temps, il s’est pris d’intérêt pour le sujet. La plupart de celles qui leur parviennent sont déjà mortes et les rares survivantes ne sont pas toujours capables de s’acclimater à ce monde ou à sa société. Néanmoins, même un cadavre a son intérêt, surtout pour ceux qui, comme lui, aiment à accumuler les étrangetés. Et puis, au milieu de sa collection de débris et d’objets, un corps aussi bien conservé serait du plus bel effet…

Tout à fait certain que sa femme n’appréciera pas ce nouvel achat, il approche une main de la cloche et se saisit de l’œuf d’une autre. Son contact est glacial et il sent le froid s’insinuer dans le bout de ses doigts. Il va pour s’enquérir du tarif, quand le barman annonce :

— Voilà, monsieur, cela vous fera un total de 1 003 266 tuks.

L’autre a un mouvement de recul.

— Vous vous foutez de moi !

— Je ne me permettrais pas.

— Mais… mais enfin, dans votre menu, là, rien n’est plus cher que 100 tuks. Je le sais, je l’ai vu !

— Ah ! Je crois que je devine votre erreur : en vérité, les prix sont affichés en Dents. Je vous l’ai dit, notre clientèle est majoritairement Croqueuse, alors…

— Je…

— Bien sûr, avec le taux de change actuel, poursuit le barman en se tapotant le front d’un air embêté, vous êtes quelque peu perdant.

— E… écoutez ! commence son interlocuteur, en levant une main devant lui.

L’espace d’un instant, il se sent sur le point de défaillir. Même les économies de toute une vie ne lui permettraient pas de régler une telle somme. Un tremblement vient secouer son corps et de la sueur commence à lui dégouliner le long de la trompe.

Conscient de ce que cela signifie d’être le créditeur d’un Croqueur, il ne connaît qu’un moyen de se sortir de ce guêpier. Dans sa bouche, sa salive se fait corrosive et il crache en direction des yeux du blond. La seconde d’après, il fonce vers la sortie.

Un grognement furieux, juste derrière lui. La porte est déjà à sa portée. Il tend une main, mais alors que ses doigts effleurent la poignée, un couperet vient se planter dans le bois et manque de les lui emporter. Dans une exclamation, il s’écarte et sent qu’on le saisit par le col. Tiré violemment en arrière, il perd l’équilibre et s’écroule. L’œuf, oublié dans sa main, s’envole pour se fracasser contre le sol.

— Vous n’êtes vraiment pas raisonnable…

Haletant, il se redresse sur les coudes et découvre avec horreur que le barman se tient à présent entre lui et la porte. Sa salive a laissé sur la peau du blond, au niveau de sa tempe droite, une vilaine brûlure où elle grésille encore.

— En nous sacrifiant quelques membres, vous nous auriez réglé votre note. Et puis, n’est-ce pas vrai que vos bras repoussent ?

Toujours à terre, le bleu recule. L’acide envahit de nouveau sa bouche, mais le pied de l’autre vient s’écraser contre sa trompe, lui coupant la respiration et écrasant ses lèvres avec. L’arrière de son crâne vient frapper contre le sol. Ses yeux s’affolent, roulent dans leurs orbites, tandis que la bave qui coule hors de sa bouche commence à attaquer ses vêtements et le carrelage. Ses mains viennent s’agripper à la cheville de son agresseur, tentent de la repousser, mais rien à faire. Il y a une telle force dans ce seul membre qu’il semble capable de lui réduire le visage en bouillie d’une simple pression. Sa production de salive s’accroît en même temps que sa panique.

Au-dessus de lui, l’expression du barman n’a plus rien d’aimable. Son regard est celui d’un prédateur. Froid, fixe, laissant entrapercevoir aussi bien sa cruauté que sa détermination. La colère qui gronde en lui est presque audible. Un petit sourire revient étirer ses lèvres, mais on ne peut y lire qu’un mépris railleur.

— Malheureusement, monsieur, j’ai peur que votre comportement ne nous contraigne à quelques extrémités.

*

La lame s’abat sur la chair bleue. Un peu de sang gicle de la plaie, qui vient parsemer le tablier et le visage du barman d’une constellation de tâches sombres. Au plafond, une ampoule grésille et jette sur la scène une lueur faiblarde qui laisse une partie de la pièce dans une relative obscurité.

Il a retroussé les manches de sa chemise et, de son avant-bras, il s’essuie le front. Au niveau de sa tempe, la brûlure est presque cicatrisée. Son regard s’attarde sur sa main. La paume, le dos et les doigts sont dans un piteux état et lui font encore mal. Derrière lui, une voix s’élève :

— Tiens ! Aurions-nous un nouvel arrivage ?

Sur le pas de la porte, un grand type en costume noir et nœud papillon rouge. Plantée sur son cou, non pas une tête mais une bouche démesurée qui découvre les dents en un sourire d’ogre. Tout en se frottant les mains, il s’approche et laisse échapper une exclamation.

— Mais c’est un Pao ! Par les Plans, on n’en voit plus beaucoup. Comment as-tu fait pour l’attraper ?

Son employé hausse les épaules.

— J’ai dû oublier de fermer la porte.

— La porte… hein ?

L’homme se passe un doigt le long des dents. Sur la table à découper, le corps flasque s’exhibe nu, la gorge tranchée et la moitié des bras déjà amputés. Il a les yeux révulsés et la bouche ouverte sur un cri muet.

— Que s’est-il passé ?

— Toujours la même histoire : ça consomme chez nous, mais ça n’a pas assez pour nous régler la note. D’ailleurs, il a ruiné notre élémentaire de glace.

— Ah !

Le patron émet un claquement de langue agacé.

— C’est qu’il s’agit d’une espèce en voie de disparition… tu sais bien qu’ils deviennent difficiles à dénicher !

Bien que sa voix soit chargée de reproches, le blond se contente de le fixer en silence. Le Croqueur s’en tord les mains mais la contrariété qui lui fait grincer des dents s’évanouit, tandis qu’il reporte son attention sur le corps sans vie. La salive lui inonde la bouche et il passe sa grosse langue sur ses dents. Des gouttes viennent s’écraser à ses pieds.

— Nous en rediscuterons…, dit-il. En attendant, prépare-moi son cœur et apporte-le dans mon bureau.

Vous avez aimé ? Vous avez détesté ? Vous avez passé un agréable moment de lecture, ou au contraire vous vous êtes ennuyé ? Laissez un petit commentaire à l’auteur et à l’éditeur : vos retours sont précieux et aident les auteurs (et l’éditeur) à améliorer leur travail. Et si c’est juste pour le plaisir de complimenter, ne vous en privez surtout pas 😉

8 commentaires

  1. Paul Clément sur 6 juin 2017 à 8 h 10 min

    Merci pour cette nouvelle à croquer. J’ai beaucoup apprécié la manière avec laquelle l’univers est peu à peu amené, pour mieux immerger le lecteur. Les dialogues sonnent justes, le style est propre et permet très bien de se visualiser la scène. J’ai été un peu déçu par la fin en revanche (trop prévisible, pas vraiment surprenante) et le sort de « l’élémentaire de glace » ne fait malheureusement ni chaud ni froid. Je m’attendais à ce qu’il ait une certaine importance, alors qu’il n’est finalement qu’un détail qui aurait pu être oublié sans impacter l’histoire. Aussi, en découvrant la nouvelle, étant donnée la classification SF/Humour, je m’attendais à rire, mais, au final, si le texte a une certaine dimension absurde, il n’a rien d’excessivement comique. Ça n’hôte rien à ses qualités, je m’attendais simplement à autre chose.

    Autrement en terme de style, rien ne m’a spécialement sauté aux yeux, si ce n’est une répétition de « commence » ici :

    « — Eh bien, commence le barman.

    Se saisissant d’un petit carnet et d’un crayon, il commence à gribouiller dessus. »

    Encore merci pour le partage et bonne continuation !

    • Machin sur 6 juin 2017 à 16 h 16 min

      Ah ! Ça c’est du pavé ! °0° Merci d’avoir pris le temps de l’écrire, c’est très intéressant comme retour.

      En fait ! Je suis assez surpris que ce texte ait été classé « humour ». Je le trouve amusant, mais mon humour étant ce qu’il est, je ne pensais pas qu’il arriverait à obtenir cette classification. Soyons honnête, ça me fait plaisir, mais je comprends qu’on puisse s’attendre à autre chose. 🙂

  2. Comte de X sur 6 juin 2017 à 9 h 38 min

    Texte très sympa, avec des éléments délirants mais structurés pour que ça tienne bien.
    Bravo Machin !

    • Machin sur 6 juin 2017 à 16 h 12 min

      Ooh, merci ! 😀

  3. Marie Tinet sur 6 juin 2017 à 13 h 43 min

    J’ai aimé l’univers original et riche, moins le style que j’ai trouvé assez froid. J’aurais aimé être plus touchée par ce texte, que ce soit via l’humour ou via l’angoisse qui monte jusqu’à la fin 🙂

    • Machin sur 6 juin 2017 à 16 h 11 min

      Salut !

      Arf ! Eh bien, dommage pour le style, tant mieux pour l’univers. :’3 En tout cas merci pour ta lecture et ton commentaire.

  4. Thierry sur 17 juillet 2017 à 6 h 59 min

    Pas grand chose à ajouter au très complet commentaire de Paul Clément, auquel je souscris à 100% ! Bon texte, mais manque une vraie chute, et l’élémentaire de glace ne sert à rien. Ha, si: on a aussi envie de savoir quelle genre de créature était le serveur avant sa transformation. Mais bon texte, qui se lit avec beaucoup de plaisir !

    • Machin sur 14 septembre 2017 à 15 h 46 min

      Oups ! Eh bien, merci (Avec beaucoup de retard) pour ce commentaire. Ahem… décidément, je ne m’en serai pas sorti avec cet élémentaire ! D:

      En ce qui concerne le barman, il faudrait que je termine de définir son ancienne apparence, mais disons qu’il s’agissait d’une bête assez impressionnante et qui doit se sentir bien à l’étroit dans ce corps humain. 🙂

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