Walrus s’engage pour les auteurs en ouvrant Le Labo, un espace d’expérimentation sur le web

Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour les petites maisons d’édition, notamment dans le secteur de l’imaginaire francophone. Le constat n’est pas neuf, mais l’urgence d’agir se fait de plus en plus pressante, notamment pour les auteurs et autrices débutant·e·s qui voient leurs espaces d’expression disparaître les uns après les autres. Celles et ceux qui fabriquent des histoires ont besoin qu’on leur accorde un moment d’attention. Car tout travail littéraire, du plus modeste au plus ambitieux, a besoin de se confronter au regard extérieur, qu’il soit celui d’un lecteur et d’un éditeur, pour grandir. Pour cela, il faut un lieu où les faire se rencontrer. Et c’est justement cet endroit que nous avons décidé de construire.

Walrus lancera prochainement son nouveau projet sur le web : « Le Labo ».

Le Labo a vocation à publier en ligne des textes courts (20.000 signes grand maximum) qui feront la part belle aux littératures de l’imaginaire, au pulp et aux mauvais genres. Ces nouvelles pourront être lues et commentées par tous les visiteurs, qui pourront y accéder librement. Le but est justement de se confronter au regard du public, et d’évoluer avec et grâce lui.

Concernant Walrus :

  • les nouvelles feront l’objet d’une sélection préalable : nous ne publierons que les textes que nous avons aimés ou dans lesquels nous avons décelé un potentiel ;
  • toutes les nouvelles sélectionnées recevront l’avis détaillé de l’éditeur en charge du Labo, et seront retravaillées en ce sens : pas question de publier des textes bruts, non-corrigés ou qui ne joueraient pas jusqu’au bout de leurs qualités ;
  • dans un premier temps nous rémunèrerons chaque texte sélectionné dix euros, au forfait, avec l’espoir de pouvoir augmenter ledit forfait au fil du temps si le concept plait et que les lecteurs sont au rendez-vous ;

Concernant les autrices et auteurs :

  • Walrus ne demande aucune cession de droits, ni exclusivité pour les textes retravaillés et publiés : libre à chacun et chacune de le republier ailleurs ou de le proposer à d’autres. L’auteur·trice conserve l’intégralité de ses droits moraux et patrimoniaux.
  • Nous nous engageons à ce que chaque publication soit une manière de grandir, de s’améliorer, d’apprendre, aussi bien du point de vue créatif qu’éditorial  — nous avons aussi des choses à apprendre de vous ;

L’idée pour Walrus n’est pas de gagner de l’argent avec ces textes — nous savons d’expérience qu’il est très difficile d’en gagner avec des textes courts, d’autant plus en numérique mais aussi en papier, et c’est aussi pourquoi de nombreuses anthologies ne rémunèrent pas leurs auteurs. Mais nous tenons à ce qu’il y ait rémunération, aussi symbolique soit-elle. Alors c’est bien joli, mais comment on finance tout ça ?

L’accès au site sera gratuit, mais nous mettrons en place une cagnotte collaborative sur Tipeee. Chaque visiteur sera libre de soutenir ou non le Labo, à hauteur de ses moyens. Puisque nous finançons l’initiative sur nos propres deniers, cette cagnotte ne sera pas du luxe. Elle permettra à Walrus, à terme, de publier — et de mieux rémunérer — davantage de textes dans le Labo. D’une certaine manière, la lecture du Labo sera payante… mais le prix restera libre. Nous envisageons enfin de publier régulièrement des compilations des textes sélectionnés sous forme d’anthologies numériques et en impression à la demande.

Face à la disparition des espaces de publication engagés pour les littératures alternatives, nous avons pour ambition de proposer un espace de lecture numérique à la fois éditorialisé, spécialisé et vertueux. Nous voulons que le Labo profite à tout le monde.

La première version du Labo sera lancée d’ici quelques semaines. Vous pouvez donc dès à présent nous proposer vos nouvelles à l’adresse habituelle : manuscrits [at] walrus-books [point] com

À vos plumes et claviers ! 😉

Fondateur des éditions Walrus, éditeur quand il peut, heureux propriétaire d’un jumeau maléfique dont le nom se termine par un -i. Dit parfois des bêtises (la preuve).

Commentaires

comments