La tentation du matériel : « Nous, éditeurs nativement numériques, devons nous investir davantage dans le monde physique »
Au commencement, il n’y avait que le numérique.
Quand Walrus a ouvert ses portes il y a bientôt cinq ans (wouhou!), nous ne voulions entendre parler que de pixels. La révolution promise arrivait enfin et il était temps pour une nouvelle génération d’éditeurs de proposer des choses nouvelles, dégagées des contraintes matérielles de stockage, de transport et d’impression. C’est ce que, à notre modeste échelle, nous avons essayé de faire (les copains de Numeriklivres et de Publie.net aussi, le trio gagnant des débuts). À l’époque, nous étions seuls sur le terrain de jeu. Les éditeurs historiques renâclaient à l’idée de tremper le petit doigt de pied dans la piscine, d’autant qu’elle n’était pas chauffée et à peine nettoyée. Mais une fois la jungle défrichée, tout le monde est arrivé pour jouer. C’est bien normal. Aujourd’hui, la plupart des livres imprimés sortent conjointement en numérique, ajoutant leur nombre au catalogue global de l’offre dématérialisée disponible. C’est le jeu.
Notre problématique, ainsi que celle de tous les pure players, est simple : maintenant que la piscine est surpeuplée, comment surnager ? Comment rester à la surface, comment ne pas se faire piétiner par les géants, comment garder un peu de visibilité ? Déjà que ce n’est pas facile quand on est un indépendant, un indépendant en numérique a deux fois plus de mal à se faire entendre, et donc lire. Et on serait bien chagrinés de baisser le rideau uniquement pour un problème de visibilité, non ? D’autant que nous pensons être — sur notre créneau — à peu près les seuls à vous proposer des histoires inédites aussi déjantées, aussi « pulp et nerd », et qu’on n’a aucune envie d’arrêter de vous faire ce plaisir. Alors comment faire ?
Weird China / CC-By via Flickr




