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Walrus

Retour aux sources

Retour aux sources

Walrus est né d’un rêve de libraire. Nous étions des fans de pulps, de littératures infréquentables, d’outrages à la morale et au bon goût, et nous ne trouvions pas forcément de quoi contenter notre appétit sur les tables des marchands de culture. Le numérique nous est apparu comme une opportunité : celle de donner de la visibilité à une littérature que nous chérissions sans courir à la banqueroute avec des frais d’impression coûteux. Nous pensions que la dématérialisation favoriserait la viralité, la dissémination et que nous prendrions rapidement notre essor. Peut-être un peu vite. Walrus a parcouru beaucoup de chemin depuis sa création en 2010. À l’époque, nous étions un peu moins nombreux (coucou Publie.net et Numeriklivres) et le marché était sans doute un peu moins concentré. Nous avons bénéficié d’un certain espace de liberté, je crois. Nous avons inscrit l’expérimentation dans notre ADN, et nous n’avons d’ailleurs jamais vraiment cessé, que ce soit avec le Kadath des éditions Mnémos ou notre catalogue de livres dont vous êtes le héros, ou encore avec Radius, notre expérience full-web. Mais force est de constater qu’entre 2010 et 2015, nous nous sommes un peu perdus en route. Continue Reading

Radius : le 1er web-livre des éditions Walrus

Radius : le 1er web-livre des éditions Walrus

Le livre numérique n’en finit pas de se rapprocher du web : il partage avec lui le même ADN et, quelquefois, la même philosophie. Il était donc temps pour nous de sauter le pas.

Cela fait plus d’un an que nous travaillons en secret sur Radius. C’est ce qu’on peut appeler un projet de longue haleine. Notre conviction que le livre numérique est soluble dans le web ne date pas d’hier : qu’il s’agisse de nos expérimentations sur l’EPUB avec le magnifique Kadath des éditions Mnémos ou de nos incursions dans le livre-jeu, il n’était question que d’une chose : comment en finir avec les compromis techniques et artistiques ? Continue Reading

Le livre numérique est mort : vive le livre numérique

Le livre numérique est mort : vive le livre numérique

Ce matin, en ouvrant dans le journal, un avis de décès d’un genre un peu particulier a attiré notre attention. Bien sûr, en tant qu’éditeurs, nous sommes sensibles à ces questions et furetons régulièrement sur les sites d’informations. Mais nous ne nous attendions pas à un tel choc.

« Toute l’industrie du livre — éditeurs, libraires, distributeurs, diffuseurs et services de fabrication, etc — est au regret de vous annoncer la mort du
— LIVRE NUMÉRIQUE (.EPUB) —
La cérémonie aura lieu en privé sur internet. Les messages de condoléance sont à adresser au format .txt ou .pdf. Les couronnes HTML et CSS sont les bienvenues, mais devront être déposées à l’entrée. »

Après avoir fait circuler l’article de mains en mains et avoir échangé quelques réflexions, la surprise est vite retombée. Après tout, nous avions décelé quelques indices, des signes avant-coureurs qui ne trompent pas, un peu quand une vieille cousine commence à trop tousser aux repas de famille.

L’.EPUB était pourtant promis à une belle vie. Dès sa naissance, les bonnes fées s’étaient penchées sur son berceau : un format reconnu et accepté comme standard de référence pour toute une industrie — ça changeait des mp3, mp4, aac, et autres wma de l’industrie du disque, restons polis et ne parlons même pas du cinéma —, un langage simple à mettre en forme et hautement adaptatif (HTML et CSS), accessibles aux plus riches entreprises comme au plus petit des auteurs autopubliés et la promesse d’une évolution conforme aux besoins des designers, éditeurs, etc.

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Et puis les vieux démons sont revenus à la charge : les protections que les grands pontes du livre avaient tant décriées (souvenons-nous en riant : « Le livre ne commettra pas les erreurs du disque et du cinéma ») ont refait surface et nos livres numériques se sont retrouvés bardés de DRM, ces verrous qui empêchent la copie, le partage et qui, acessoirement, empêchent ceux qui les ont achetés de les lire parfois. Insatisfaits d’une mise en page que d’aucuns estimaient pauvre, les logiciels historiques de mise en page printont intégré dans leurs mécanismes des systèmes de conversion fixes, et le fixed-layout est apparu, réinventant le PDF que l’industrie avait tant décrié quelques années plus tôt. Les formats propriétaires sont arrivés là-dessus et ont commencé à envahir le marché : lisibles uniquement sur Kindle, lisible uniquement sur iPad, lisibles uniquement debout, assis, couché… Et si ce n’était que ça. Par des politiques de prix démentielles, les ebooks ont été mis sur le marché sans grande conviction, presque avec l’envie de ne pas les vendre… et les Français sont tombés dans le panneau, en devenant l’un des pays où les habitants sont les plus réfractaires au livre numérique.

À vrai dire, nous pouvons les comprendre. Pourquoi s’entêter à acheter des versions illisibles, souvent plus chères qu’un livre de poche (jusqu’à deux ou trois fois plus), de livres qu’on peut obtenir facilement, pour moins cher et sans licences de lecture qui ne vous en confèrent même pas la propriété ?

Alors ce qui devait arriver arriva : le format EPUB s’est lentement laissé dépérir. Bien entendu, si tout le monde s’y était mis en même temps, si personne n’avait renâclé, si on avait mis de côté les vieux démons du passé, peut-être en aurait-il été autrement. Mais « avec des si, on mettrait Paris en bouteille »… Bien sûr, nous noircissons le tableau. Le format .epub n’est pas encore mort, mais il donne des signes de faiblesse, ou plutôt d’impuissance, que nous avons listés plus haut et qui nous amènent à réfléchir à son avenir prochain.

Nous partons d’un constat, ou plutôt d’une interrogation : comment, à partir de langages aussi libres et simples que le HTML (le HTML est le langage de programmation qui permet d’afficher cette page web, mais aussi vos ebooks… en fait, il est l’architecture d’une écrasante majorité du texte numérique), a-t-on pu arriver à une situation aussi fermée, aussi inégalitaire et aussi illisible, autant pour les professionnels que pour les lecteurs ? La réponse est simple : nous avons voulu réinventer des choses qui n’avaient pas besoin de l’être, à commencer par… le web.

Car si l’on y réfléchit un instant, un ebook n’est rien d’autre qu’un mini-site web encapsulé pour être consulté en mode offline, rien de plus. Et c’est notre besoin de jouer à la marchande « en échange de ton argent, je te transmets un fichier tangible et stockable » qui nous a propulsés droit dans le mur, et poussés à inventer des solutions toujours moins pratiques, plus compliquées et plus fermées. Alors que le web était là depuis le début, et qu’il nous tendait les mains. Nous avons réinventé le web, en moins bien. Nous avons voulu le plier à nos exigences marketing, techniques et sécuritaires, mais il ne s’est pas laissé faire. Mais il y a néanmoins une bonne nouvelle : si nous nous sommes perdus en chemin, nous sommes toujours dans la bonne forêt. Le .EPUB est un format perméable et soluble, qui permettra à ceux qui ont choisi cette voie de basculer vers la transition facilement, presque sans douleur. Quelle est cette transition ? Pour nous, elle est claire : c’est le retour aux sources du web. Le livre sur internet, consultable en ligne n’importe quand et n’importe où, depuis votre navigateur. Books in browsers.

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Nous entendons d’ici les cris d’indignation. Bien entendu, nous ne parlons pas d’un futur applicable dans un an, ni même dans cinq. Mais peut-être dans dix ou quinze en revanche, lorsque la connexion sera comme une seconde nature pour nos appareils, sans restriction de volume de données et de coût, et que les territoires seront entièrement couverts (et bien couverts). Et ce n’est pas la seule condition : il faudra également qu’éditeurs et constructeurs fassent preuve de bonne volonté en autorisant les lecteurs à sauvegarder les contenus consultés en ligne, à les archiver, à en conserver des copies, c’est essentiel pour la sauvegarde du patrimoine et la transmission. Nous entrons dans une société d’abonnement où plus rien d’autre ne compte que la consultation, mais il s’agit d’un miroir aux alouettes : à force de prôner la non-propriété à tout-va, on finira par faire entrer dans la tête des gens que le livre n’est qu’un consommable comme les autres. Profitons que le livre soit encore un signe fort auquel on peut s’identifier, se référer, avec lequel on peut se bâtir, qu’on peut partager, échanger, en bref, quelque chose d’important, de tangible, et ce même s’il est immatériel. Le livre est un matériau d’exception, de celui dont on forge les âmes, qu’il ne faut pas laisser se diluer dans la médiocrité.

Pourquoi le livre-web ? Parce qu’il est le livre numérique par excellence. Accessible partout, depuis n’importe quel terminal, lisible sur n’importe quelle taille d’écran, il utilise 100% des capacités des navigateurs pour nous offrir des expériences connectées, multimédias, interactives, sans s’arracher les cheveux pour trouver des solutions bâtardes avec des appareils qui ne sont pas faits pour cela. Couplé à des solutions de sauvegarde, de transfert, d’annotations, de copie privée, il devient la bibliothèque numérique dont nous avons tous rêvé en nous lançant dans l’ebook. Ajouté à cela des solutions simples, transparentes et honnêtes de rétribution des éditeurs et des artistes, il coupe l’herbe sous le pied aux intermédiaires trop gourmands et aux multinationales toujours plus envahissantes, qui ne rêvent que de nous enfermer dans un écosystème. Le livre-web est son propre écosystème, qui navigue lui-même sur le grand océan de données qu’est internet.

Nous croyons fermement à la mort programmée de l’EPUB. Elle est inscrite dans ses gênes depuis le début. L’EPUB est une plateforme, un plongeoir, un tremplin vers autre chose. Cet autre chose fait peur, parce qu’il est véritablement dématérialisé et qu’il nous pousse à réfléchir à des solutions plus équilibrées, plus vastes en terme de possibilités, mais aussi plus pérennes. L’EPUB était une parenthèse. Le livre-web est un gage de continuité et d’ouverture. Certains éditeurs commencent à emprunter cette voie outre Atlantique, et pas des moins prestigieux. Nous sommes prêts à parier que d’autres le feront très bientôt de ce côté de l’océan.

Ce n’est que le début.

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Photos originales : Geoffrey Fairchild (CC-BY — Flickr) ; Johan Larsson (CC-BY Flickr) ; Walrus (2014)

Le Cabinet des Ombres : petit jeu littéraire

À l’occasion de la sortie jeudi 4 décembre 2014 du premier épisode de la série Le Cabinet des Ombres, l’auteur Clara Vanely s’est amusée à en rédiger des quatrièmes de couverture « à la manière de » sur son site Les Arches de Verre. Nous vous proposons de les découvrir réunies ici sur une seule page. N’hésitez pas à visiter sa page web !

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À la manière de… Un Eclat de Givre d’Estelle Faye

Paris, 1880. A la veille de l’Exposition Universelle, la ville est un vaste chantier, surpeuplé, foisonnant, nimbé dans les vapeurs des olfactiveurs et écrabouillé sous la botte des Prussiens. Là vit Ernest Bonenfant, héliographe de son état, filou impénitent et traqueur à la solde de l’Ether. Ernest enquille les contrats moisis et les magouilles plus ou moins légales pour tromper l’ennui et boucler les fins de mois difficiles.

Mais quand le sculpteur Auguste Rodin disparaît mystérieusement en lui abandonnant la surveillance de son effroyable Porte des Enfers, que Camille Claudel lui est fourrée dans les pattes et que les Rêveurs commencent à tomber comme des mouches autour de lui, il ne se doute pas un seul instant que son existence est sur le point de connaître un grand bouleversement…

 

À la manière de… Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski

Après dix heures de bras de fer à l’Hémicycle, lorsqu’il apprend que les rupins de l’Ether viennent de le priver de son droit d’errance et de le condamner à croupir de l’autre côté des Arches, Ernest Bonenfant se dit que le grand Nihil vient de lui jouer un sacré tour de vache. Avant d’avoir eu le temps de se retourner, le voilà débarqué à Paris sous l’autorité du Procurateur Bartholdi.

Purger une peine d’alterration, c’est bien joli, mais quand, à la veille de l’Exposition universelle, la ville est un vaste merdier tenu en respect par une bande de soiffards prussiens et que de toute évidence, quelqu’un en veut à ceux de son espèce, ce sont les ennuis qui commencent à pleuvoir. Bonenfant en vient vite à regretter les traques lointaines et les bonnes vieilles magouilles entre Rêveurs. Désormais, pour sauver sa peau, c’est dans les salons, parmi les députés en habit, les putains et les succubes, qu’il faut jouer de l’annihilateur. Mais il se trouve que les annihilateurs, justement, c’est plutôt son rayon…

 

À la manière de… L’ombre du vent de Carlos Luis Zafon

Paris, ville-labyrinthe, étrange et fantasmagorique, marquée par la défaite et endeuillée par l’ombre des Prussiens. Par un matin brumeux de 1880, à la veille de l’Exposition universelle, le député Courcy, maître Rêveur de surcroit, est retrouvé mort dans une vespasienne sur les grands boulevards. L’héliographe Ernest Bonenfant, alterré qui rêve toujours de sa mère-Patrie, est sommé par le Procurateur Bartholdi de se lancer sur les traces de l’assassin. Là, sa route croise celle de Camille Claudel et de la Porte des Enfers. L’effroyable sculpture va changer le cours de leur existence et les entraîner dans un labyrinthe d’aventures et secrets dissimulés dans les entrailles de Paris…

 

À la manière de… Boulgakov, Le Maître et Marguerite

Comment définir l’Ailleurs ? Les personnages de ce récit sont Paris, un traqueur mythomane, Camille Claudel et Auguste Rodin, la plus belle femme du monde, un succube aux cheveux rouges et la Porte des Enfers… On y trouve des meurtres atroces, un bordel à l’oriental et des vespasiennes.

 

À la manière… d’un roman Young Adult

Traqueur impulsif et arrogant, Ernest a commis une grave erreur. Mis au banc des accusés par ses semblables, il est déféré devant le tribunal des Dynasties. Dans les couloirs de l’Hémicycle qui courent entre les mondes, les chefs des Rêveurs se sont réunis pour le juger et leur décision est irrévocable : Ernest doit quitter l’Ether. Le voilà catapulté à Paris dans une contrée hostile et pavée de mystères. Pour racheter sa faute, il accepte de servir de protecteur à Camille Claudel, sculptrice de génie à la beauté glaciale, hostile à l’Ether depuis des années et rappelée pour veiller sur ‘La Porte des Enfers’. En dépit de leur mésentente, lorsqu’une série de meurtres sordides est perpétrée dans le sillage de la ‘Porte’, ils réalisent que leur enquête les expose à un terrible complot… et que leurs destins sont étroitement liés.

Car dans l’Ombre, un mystérieux adversaire rassemble ses troupes pour reprendre le contrôle de l’échiquier…

 

À la manière… des romans de Jean-Christophe Grangé

Paris, 1880. Ernest Bonenfant, ex-gloire des traqueurs de l’Outre, et Amilcar Bartholdi, Procurateur au passé sulfureux, croyaient tout connaître de la corruption et des ombres qui empestent Paris. Pour des Rêveurs comme eux, c’était aussi commun qu’une descente de railles dans un tripot. Mais ils vont rencontrer pire encore. Des Lueurs annihilées, des corps mutilés dans des mises en scène macabres signées d’un dragon bleu. Attentat orléaniste ou horde de tueurs maniaques ? Ernest Bonenfant se lance dans une traque vertigineuse des couloirs de l’opéra aux caveaux du boulevard du crime. Mais la vérité qui l’attend dépasse son imagination…

 

À la manière… des romans de Terry Pratchett

Ernest Bonenfant est fait comme un rat : le Procurateur a parlé, la chasse à l’homme est ouverte. Hier maître Rêveur et traqueur de l’Ether (son hémicycle, ses Dynasties, ses lois imprescriptibles et ses fûts de cykeon), il ne lui reste désormais que son astuce naturelle, un chapeau bleu Tunon et le nom d’emprunt d’un amant ridicule (Laissez tomber.).

Il pleut. Il gèle. S’il ne traverse pas la Seine pour retrouver l’assassin du député Courcy il croupira pour le reste de ses jours dans cette satanée contrée. Et le fleuve est à ses trousses. Sournois. Rapide. La crue gagne sur lui…

Voici le premier épisode du ‘Cabinet des Ombres’, on y trouve des Prussiens, des succubes, des intrigues politiques, des héros et deux chats.

 

À la manière… d’un roman Harlequin

Lisandru est furieux. Comment Ernest Bonenfant a-t-il pu le trahir alors qu’il a renoncé à tout par amour pour lui ? Car c’est bien pour ce traqueur arrogant que le Corse a renoncé à l’héritage qui devait assurer son avenir et quitté Porto-Vecchio pour s’installer à Paris dans un garni sordide ! A-t-il eu tort de croire que ses serments brûlants signifiaient quelque chose ? N’est-il pour lui qu’un Familier parmi tant d’autres ? Même si cette hypothèse lui brise le cœur, il sait qu’aujourd’hui sa rubrique au « Vapeur » compte avant tout… Et pour forcer son amant à lui revenir et à assumer ses promesses, Lisandru est prêt à tout. Même à révéler au journal le plus en vogue de Paris son secret le plus dangereux — et peu importe si pour cela il devra mettre en péril l’équilibre de son existence et de celle de ses semblables…

 

À la manière… de Harry Potter

Dans un Paris sous les eaux, Ernest Bonenfant s’apprête à rejoindre Camille Claudel pour lui enseigner les bases de l’Evocation. Bientôt, cette dernière sera envoyée en Ether pour se perfectionner dans l’art des Rêveurs. Mais pourquoi Bartholdi, le procurateur général, décide-t-il soudainement de le convoquer chez lui et de lui donner, en plus de ses charges professorales, mission d’enquêter sur le meurtre du député Courcy ? Dans quelles extraordinaires aventures au cœur de la capitale enfumée va-t-il les envoyer ?

Emotion, aventure, art du suspense… Clara Vanely révèle dans ce premier épisode la fascinante complexité de l’univers qu’elle a créé avec Roman H. Grey, et met en place tous les ressorts d’un arc narratif époustouflant.

 

À la manière de… Game of thrones de G.R.R. Martin

Il y a bien longtemps, dans une contrée dont le nom s’est perdu dans les limbes du Nihil, l’ouverture de la Porte des Enfers a bouleversé l’équilibre entre les mondes. La crue est de retour et du fond des caveaux glacés, dans le ventre humide de Paris, des forces sinistres ont commencé à remonter, loin au-delà des grandes Arches de Verre. Au cœur de ce conflit se dresse Amilcar Bartholdi, Procurateur de l’Outre, aussi dur et inflexible que l’Ether qui l’a engendré, et son bras armé, le traqueur Bonenfant. Sorti des entrailles glacées de Paris, porté par un parfum d’orient, voici un conte de Rêveurs et de flâmes, de mercenaires et de putains, d’ombres et de succubes, assemblés tous ensembles par un présage sinistre.

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C’est quoi, une ligne éditoriale ?

C’est quoi, une ligne éditoriale ?

Vous l’aurez peut-être remarqué : chez Walrus, nous publions peu. C’est autant un choix qu’une contrainte, mais aussi une nécessité.

D’abord, le choix. C’est un fait, nous recevons plus de manuscrits que nous pouvons en publier, comme à peu près toutes les maisons d’édition dignes de ce nom. Nous essayons toujours de garder un regard objectif — et surtout ouvert — sur les textes que nous recevons, ce qui nous pousse, Loïc et moi, à souvent trancher dans le lard. Nous ne retenons qu’une portion infime des textes qui nous sont adressés. Quelquefois même, nous en désespérons : il nous arrive de nous retrouver avec aucun texte potable à nous mettre sous la dent. Attention, quand je dis potable, c’est hautement subjectif. Toujours dans cette optique de choix, nous retenons les histoires qui nous parlent personnellement. C’est peut-être une approche réductrice, mais nous ne retenons que les projets que nous aimerions voir nous-mêmes en librairie, que nous pourrions acheter, dont nous n’aurions pas honte d’être les auteurs, pire, que nous sommes jaloux de ne pas avoir écrits nous-mêmes. En somme, la crème de la crème.

Bien sûr, nous pourrions jouer la carte de la massification. D’autres le font très bien pour nous, et ils ont raison — en tout cas d’un point de vue commercial : leurs affaires se portent bien et ils n’ont pas à rougir du succès de leurs auteurs. Nous fonctionnons différemment. Nous préférons ne publier qu’un titre par mois si nous n’avons rien trouvé de mieux. Nous préférons même ne rien publier du tout si jamais la pêche aux manuscrits a été infructueuse. C’est un choix, qui du reste n’est pas forcément toujours reconnu à sa juste valeur : sous couvert de publier de la littérature grand public, nous sélectionnons des textes exigeants, avec un véritable intérêt dramaturgique, narratif, stylistique, ou simplement un postulat de base que nous n’avions jamais vu ailleurs. Plutôt ici que chez les autres, ça pourrait être notre credo. Il nous arrive parfois de tomber sur un texte ou un auteur et de nous dire : « ça, c’est du Walrus ». Car oui, quelquefois, ça ne peut être que du Walrus, et rien d’autre.

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Forcément, dans ces conditions de transparence imposée, il faut comprendre que nous ne puissions pas — et que nous ne voulions pas — être une machine de guerre. Walrus ne sera sans doute jamais un acteur majeur de l’édition, en tout cas en termes financiers. Nos ebooks se vendent peu, ce que nous ne cessons de trouver dommage, tant pour nos auteurs que pour l’énergie que nous y investissons, mais nous ne sommes pas les seuls dans ce cas. Nous aimerions bien entendu que les quelques lecteurs qui nous soutiennent trouvent un écho chez d’autres lecteurs, et que la communauté grandisse. Notre catalogue a eu de beaux succès, comme la série Toxic de Stéphane Desienne et Jésus contre Hitler de Neil Jomunsi. C’est une consolation, mais nous aimerions demander davantage de curiosité. Nous ne pouvons pas l’imposer, bien sûr. Mais c’est une question de confiance : vous savez ce que nous valons. Vous savez ce que nous publions. Dans l’idéal, vous pourriez acheter les yeux fermés chez nous. C’est en tout cas que ce nous essayons de faire.

Parce que forcément, à se mettre tant de critères de sélection, on en vient aux contraintes : publier des textes de qualité, c’est publier peu. La sérendipité numérique joue en notre défaveur, car il est très difficile parfois de tomber sur l’un de nos titres, dilués qu’ils sont au milieu de la masse éditoriale des dernières années. Aux débuts de Walrus, nous étions encore peu à faire du livre numérique. Aujourd’hui, tout le monde s’y est mis, les acteurs historiques en premier lieu — ce qui est une excellente chose —, et notre petite sélection s’est retrouvée engloutie par un raz-de-marée prévisible. On pourra toujours dire que nous n’avons pas fait les bons choix, que nous n’y avons pas mis suffisamment d’énergie, mais ce serait faux. Notre équipe éditoriale tient dans un placard à balais. Nous sommes peu nombreux, mais vaillants, et nous essayons de nous battre avec nos propres armes. Se battre est d’ailleurs un grand mot. Toujours, nous essayons de nous placer au-dessus de la mêlée. D’être le poil à gratter, ceux qui s’immiscent sans avoir été invités. Ça marche parfois. D’autres fois, un peu moins.

Aujourd’hui, nous faisons le choix de publier peu — et uniquement dans les domaines qui nous plaisent, nous transportent, nous excitent — par nécessité. Difficile de ne pas voir que le numérique est en train d’élargir son champ, et c’est très bien en soi, mais il ne faut pas trop diluer les couleurs, sous peine de ne plus les distinguer. Dans un article récent, le célèbre GoodEreader a annoncé ne plus vouloir lire en numérique : trop de (mauvais) choix, pas assez de bons systèmes de découverte, un manque flagrant de sérendipité. C’est ce qui nous pend au nez, à trop vouloir publier à tort et à travers. Nous admirons bien entendu la formidable avancée qu’est le livre numérique, et nous y avons participé à notre manière ; cela ne nous empêche cependant pas d’en subir désormais les conséquences, et de les accepter.

Voilà ce que doit être pour nous une bonne ligne éditoriale : quelque chose d’entier, sans concession, quelque chose de viscéral, un choix qui s’impose de lui-même, refuser de s’écouter parfois et ne pas publier quelque chose de trop facile, de déjà-vu, de mille fois répété, même si ça veut dire renoncer à un certain public, forcément. Nous savons que nous ne nous adressons pas à tous les lecteurs, loin de là. Mais nous considérons cela comme une bonne chose, mieux, comme une chose précieuse : les quelques lecteurs que nous avons, nous faisons tout notre possible pour leur plaire, à eux. Et leur re-plaire, et leur re-plaire…

Gardez l’œil ouvert, et le bon : en parlant de sélection drastique, Walrus revient jeudi avec une nouvelle série qui, elle aussi, trouvera sa place chez Walrus au panthéon des Objets Littéraires Non Identifiés. Et encore une fois, nous serons fiers de vous la présenter.

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Bandeau : Polar Cruises — via Flickr (CC-BY)