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Lecture en streaming: faut-il céder au chant des sirènes?

Une industrie nouvelle cherche des modèles, et celle du livre numérique ne fait pas exception. Après le succès relatif des services de streaming musical — Deezer et Spotify en tête — il parait donc normal que l’édition s’intéresse de près au système.

 

Petit rappel: le streaming, c’est quoi?

 

Le principe du streaming est simple, qu’il s’agisse d’un film, d’un morceau de musique, d’un livre ou de n’importe quel autre contenu média. Plutôt que de consulter ce dit-fichier « offline » (déconnecté du web, le fichier étant présent matériellement sur votre disque dur ou la mémoire de votre appareil de consultation) vous le consultez « online » (une connexion est nécessaire, et même obligatoire pour consulter votre fichier).

Dans la pratique, qu’est-ce que ça change ? Pas grand-chose si vous disposez d’une connexion permanente, effective et efficace en terme de débit. En revanche, si vous n’êtes pas connecté, pas moyen d’accéder à votre bibliothèque (dans les transports aériens, par exemple, ou dans le train, ou au fond d’un cratère de volcan, où le réseau est en général faible).

Dans le modèle du streaming, le fichier source ne transite pas d’un disque dur à l’autre: présent sur un serveur, il est « distribué » à l’utilisateur final via le réseau.

Mais il y a une petite nuance: là où dans le modèle traditionnel, l’achat d’un film, d’un album ou d’un livre permet de posséder quelque chose (en fonction des revendeurs, car certains comme Amazon et Apple ne vous concèdent en réalité qu’une licence de consultation à vie d’une oeuvre, et non sa propriété), vous ne possédez plus rien dans le streaming.

Le streaming est une fenêtre ouverte. Tant qu’elle est ouverte, vous pouvez regarder à travers. Mais dès que vous arrêtez votre abonnement, vous n’avez plus accès aux contenus que vous avez consultés auparavant. La fenêtre se ferme. Alors vous vous retournez, et constatez que votre bibliothèque est vide. Deux modèles, deux philosophies, deux rapports à la propriété, à la possession ou non d’une oeuvre. Mais ce rapport compliqué n’est pas le sujet de cet article, bien qu’il puisse en lui-même faire l’objet d’une longue analyse.

Le streaming a été porté à la connaissance du grand public par deux phénomènes distincts et pourtant liés.

D’une part, la plateforme Megaupload qui, de son vivant, proposait aux amateurs de séries américaines du monde entier de regarder online les épisodes de leurs shows préférés, en tout impunité. L’enjeu était, avec la surveillance accrue des autorités de management de droits d’auteur, de contourner le problème du téléchargement, facile trackable, en offrant de regarder un contenu en ligne, sans téléchargement donc. Et même si Megaupload n’existe plus en tant que tel, remplacé par son petit frère Mega, plus opaque, d’autres sites ont repris le flambeau et continuent de proposer des offres de streaming illégales.

Le streaming illégal a, de facto, donné naissance au phénomène du streaming légal.

En partant du principe que pour se délester la conscience et se faciliter la vie, des utilisateurs seraient prêts à payer pour accéder à un catalogue légal, facile d’accès et en ligne, les offres de streaming légales ont commencé à se développer. Ainsi sont nés le français Deezer et le suédois Spotify pour la musique (parmi les plus connus, car il en existe d’autres à l’influence médiatique inférieure et à la santé financière moins réjouissante), mais aussi Netflix pour la vidéo à la location. A lui seul, ce trio de tête génère l’essentiel des revenus du streaming mondial.

 

Un point historique: l’industrie du disque et le streaming

 

Quand on cherche des comparaisons pour le livre numérique, on va chercher du côté de l’industrie musicale, ce qui n’est pas forcément une modèle idée dans la mesure où la consommation de livre et la consommation de musique sont deux processus très différents, mais faute de grives…

De 2002 à 2009, le marché mondial de la musique a chuté de 55% au global. En 2012, le marché de la musique pesait en France 590 millions d’€, après avoir frôlé en 2005 le milliard et demi.

On aurait pu croire la chute inéluctable, mais ce chiffre a fini par se stabiliser. Depuis deux ans, les indicateurs ne bougent plus, stabilisés. Qui a sauvé l’industrie du disque? A en croire certains, iTunes et ses ventes d’albums à la hausse. Pour d’autres, le streaming et les plateformes de diffusion à abonnement. Dans tous les cas, la musique a su, pour l’instant, endiguer la chute. Pour combien de temps?

Selon les derniers chiffres du Syndicat national de l’édition phonographique, les ventes numériques affichent une croissance insolente de 13% cette année, représentant dorénavant 125 millions d’€ par an. Soit 25% du marché global de la musique. Pas étonnant que Microsoft et Twitter s’intéressent de près à ce marché qui, après avoir connu bien des déboires, semble retrouver un essor profitable. On ne parle plus que de musique en ligne maintenant.

Mais qu’en disent les artistes? Pas grand-chose pour le moment.

Les chiffres de répartition sont en effet affligeants.

Quand Jean-Paul Bazin, de la Spedidam, parle au Nouvel Observateur des chiffres réels de cette économie naissante, on ne peut s’empêcher de frissonner:

« Les chiffres sont affolants : lorsqu’un titre de Johnny Halliday est téléchargé sur iTunes, il ne touche que 0,04 euro, et lorsqu’il est écouté sur Deezer, la rémunération tombe à 0,0001 euro. Et, dans le même temps, les choristes, le guitariste, le pianiste, le bassiste, le batteur… de Johnny ne touchent strictement rien. Zéro multiplié par un milliard d’écoutes, ça fait toujours zéro ! »

Difficile dans ces conditions de parler de modèle économique. car si les maisons de disques semblent profiter, au même titre que les distributeurs, de la manne financière générée par le streaming, les artistes semblent demeurer les parents pauvres de la chaîne.

Dans un article de Numerama de juin 2012, on apprend que « pour qu’un artiste touche 200€ sur une chanson vendue 0,99€ sur l’iTunes Store, il faut que celle-ci soit achetée 20 000 fois par les internautes ».

Pour le streaming, un ratio est opéré: il s’agit de rapporter, sur une assiette globale, le nombre d’écoutes ou de consultation d’une oeuvre au total des gains générés par la publicité ou par les abonnements. Ce qui n’est pas toujours très gros. Pour Deezer, on mesure qu’en moyenne, un titre écouté rapporte 0,005$ à son auteur. Plus le nombre d’écoutes est conséquent, plus l’artiste touche d’argent: c’est mathématique.

Un label indépendant, toujours selon Numerama, a calculé que pour 800.000 écoutes d’un titre, 4277$ de chiffre d’affaire avaient été générés. Autant dire rien du tout.

Dans un autre article de Numerama, Guillaume Champeau nous raconte la triste histoire de Sebasto, ce chanteur de basse-cour qui après avoir fait un tube monumental, « Fais la poule », vendu 108.000 singles, 116.000 compils et 17.000 téléchargements, s’est retrouvé — par un savant imbroglio contractuel où la maison de disques, grâce aux avances sur recettes, et les agents se sont bien gavés — à recevoir un chèque de royalties de 477€.

Oui, l’industrie s’est relevée, pour un temps. Mais les acteurs du streaming ont une santé précaire. Deezer et Spotify, malgré leurs levées de fonds, ne sont toujours pas rentables.

Quant aux artistes, ils n’y ont toujours pas trouvé leur compte.

En Suède, le streaming pèse désormais pour 57% des revenus musicaux.

 

Pour la lecture, le modèle YouBoox

Dans ce contexte, il n’était donc pas étonnant qu’avec l’essor progressif de lecture numérique, des entrepreneurs s’intéressent au streaming de livres rapidement.

C’est désormais chose faite avec Youboox, qui propose globalement la même chose que Spotify: pour un abonnement de 9,99€ par mois, vous avez accès à un abonnement premium permettant de lire des livres via l’application de lecture, sur votre iPad par exemple. Bien entendu, tout comme ses petits cousins, Youboox permet de lire gratuitement: mais vous devrez « supporter » des bandeaux publicitaires durant votre consultation.

Youboox, tout comme ses homologues, présente son financement ainsi:

revenus publicitaires + revenus liés aux abonnements = revenu total (T)

Les éditeurs présents sur la plateforme Youboox se partagent la moitié de cette assiette globale, soit (T)/2 = (t ) — l’autre moitié revenant à Youboox.

Une fois cette assiette éditeurs délimitée, il faut décompter le nombre de pages lues chez l’un et chez l’autre. Car ce que l’éditeur touche revient à faire une règle de trois très basique: il s’agit du ratio entre le nombre de pages lues au total dans le catalogue de l’éditeur, rapporté au nombre total de pages lues le mois en question sur Youboox.

Ce que l’éditeur touche, au final, est la proportion de ce qui a été lu de son catalogue par rapport à ce qui a été lu dans le catalogue global.

pages lues catalogue éditeur / pages lues Youboox = %

De ce pourcentage, on déduit donc le montant à se répartir par rapport à l’assiette (t).

Selon les propres estimations de Youboox, le service aurait atteint 75.000 personne à février 2013, ne précisant pas s’il s’agit du nombre de téléchargements de l’application ou du nombre d’utilisateurs réellement actifs sur le système. Youboox revendique 5,5 millions de pages vues. Un objectif de 300.000 utilisateurs d’ici à décembre 2013 est évoqué.

 

Est-il judicieux de copier le modèle du streaming musical et de l’adapter au principe, très différent, de la lecture? Pas si sûr.

D’une part, difficile de croire avec les chiffres du disque désormais bien connus que le livre suivra la même voie: la musique étant par essence une activité que l’on peut faire en tache de fond, contrairement à la lecture, les usagers sont forcément moins nombreux et plus difficiles à toucher. Les recettes faibles de l’industrie musicale apparaitront pharaoniques comparées à celles générées par un service de lecture tel que Youboox, par définition moins fédérateur d’un point de vue global. Moins de gens achètent des livres qu’il n’écoutent de la musique, c’est une évidence.

Et même si l’on prend les meilleurs estimations de taux de transformation (en moyenne, pour 10 utilisateurs d’un service de streaming, 1 souscrit à l’abonnement premium), 75.000 utilisateurs, cela ne fait que 7500 utilisateurs premium (dans le meilleur des cas, car on en est sans doute loin). 7500 abonnement premium à 9,99€, le tout divisé par deux, ça fait 35.000 euros d’assiette à se partager entre tous les éditeurs présents sur la plateforme.

Si l’on rajoute à ces 35.000 euros générés par les abonnements les revenus de la publicité, forcément faibles puisque c’est un service jeune et que la publicité y est probablement peu chère, voire quelquefois gratuite pour inciter les annonceurs à venir sur la plateforme, cela ne fait pas lourd à se partager. Et considérant l’équation de base (plus il y a de pages disponibles dans le catalogue global, moins vous touchez, mathématiquement, à moins d’être titulaire d’un best-seller qui raflera 80% de l’assiette globale), il parait difficile de croire le modèle rentable dans l’immédiat.

Difficile de comprendre dans ce cas pourquoi de grands éditeurs comme Dupuis se laissent embrigader dans l’affaire… Peut-être pour tester le service, ou essayer de nouveaux modèles. Mais lorsque les relevés de consultation arriveront, ils tomberont sans doute de haut. L’affaire Harmonia Mundi a fait du bruit, et certains éditeurs pourraient à leur tour être tentés de retirer leurs titres du catalogue.

Contacté à ce sujet, Frédéric Weil des éditions Mnémos nous a livré son témoignage. Il a, comme beaucoup d’éditeurs et d’auteurs, été approché par Youboox pour être présent sur la plateforme. Et même si, dans un premier temps, « le modèle pouvait paraître intéressant », l’éditeur a vite déchanté.

« La publicité telle qu’elle est présentée dans Youboox est intrusive, et ne permet pas une immersion suffisante dans la lecture. D’un point de vue personnel, je m’oppose à toute forme de publicité dans un livre. La télévision a cédé, le cinéma a cédé, et on sait ce qui se passe lorsqu’on cède à la publicité: la création est livrée en pâture aux publicitaires, qui l’influencent, » nous dit Frédéric Weil. « C’est une question d’éthique: je ne veux pas que le livre soit touché par ce phénomène. Car une fois la mécanique lancée, il est difficile de revenir en arrière. »

Difficile de le contredire à ce sujet : la publicité est suffisamment intrusive dans l’application pour rendre toute lecture très difficile.

Quant au confort de lecture, il n’est décidément pas au rendez-vous: la liseuse PDF est de mauvaise qualité, ne permet pas d’agrandir les caractères et contraint à scroller quand on veut lire le bas de la page en mode zoomé freemium… à cause du bandeau publicitaire. Une erreur de base pour tout designer d’interface qui se respecte. Des services tels que Überflip ou Issuu offrent des liseuses PDF de bien meilleures qualités, et l’on en vient à se demander pourquoi les lecteurs sont si maltraités, même pour du gratuit.

Evidemment, on pourrait proposer une lecture au format .EPUB. Mais le problème du comptage des pages se poserait alors! Car un epub est fluide et sa pagination fluctuante. Difficile de mettre sa confiance dans un algorithme de comptage des pages lorsqu’on est éditeur, dans ce cas. Le business modèle deviendrait alors « opaque », s’il ne l’est pas déjà.

Car les éditeurs devraient pouvoir savoir combien se vend le bandeau publicitaire qui trône au-dessus de leur ouvrage. Ils devraient également avoir accès à une meilleure répartition des bénéfices, puisque là où Apple ponctionne « seulement » 30%, Youboox récupère 50% de l’assiette des bénéfices, ce qui paraît énorme.

Enfin, un dernier petit problème est soulevé: quid de l’exploitation streaming d’un point de vue contractuel?

Je ne pense pas que les contrats qui lient les auteurs à leur maison d’édition prennent en compte les revenus du streaming. En tout cas, les nôtres ne le font pas encore, » nous explique Frédéric.

Difficile d’imaginer en effet des contrats adaptés à ce nouveau modèle, et la répartition qu’il conviendrait d’allouer aux auteurs.

Et dans tous les cas, 10% de pas beaucoup, c’est toujours pas beaucoup. Et les auteurs risquent encore une fois de rester sur le carreau…

Si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit, dit l’adage. Affaire à suivre, donc.

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A lire aussi: le témoignage de Jean-François Gayrard (Numeriklivres) sur le retrait des livres Numeriklivres de l’applicationYouboox.



 

Mort annoncée des liseuses: les tablettes rigolent

Derniers chiffres en date après les annonces de l’entreprise eInk un peu plus tôt dans l’année: Isuppli annonce une baisse de 36% des ventes de liseuses à écran statique (liseuses) en 2012, soit 14,9 M d’unités), par rapport à l’année 2011 où s’étaient écoulés 23,2 millions d’unités.

Kindle cover - SimplyBike (Flickr) - CC-BY-NC-ND 2.0

Une chute prévisible

Pas tant que ce soit étonnant! D’un côté, un marché américain où la lecture numérique cartonne (notamment grâce à Amazon) et où les liseuses se sont vendues comme des petits pains. Normal donc qu’au bout d’un moment, ces ventes stagnent puis régressent, le taux d’équipement ayant atteint un palier. Maintenant, le public lorgne du côté des tablettes.

De l’autre, un marché européen où la liseuse n’a jamais vraiment décollé, si ce n’est du côté des afficionados de la lecture sous toutes ses formes et pour lesquels la lecture pourrait même s’effectuer sur une planche ou un caillou. En France (pour la partie qui nous concerne), la lecture numérique ne pèse toujours guère plus d’1% du marché global, malgré les efforts des distributeurs, des éditeurs, des créateurs de contenu et des fabricants de matériel. Nos chiffres ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan de la lecture numérique.

La France n’aime pas le livre numérique, c’est un fait. Les français ont toujours considéré avec un mélange de crainte et de mépris ces petits appareils qui n’étaient pas vraiment des livres, et pas vraiment des machines non plus… puisqu’elles avaient vocation à abriter une âme, celle des ouvrages de la bibliothèque numérique, chimère moderne et éphémère (pour le moment).

Et puis il y avait la vague hypocrisie des constructeurs, qui annoncent toujours plus de fonctionnalités sur leurs liseuses: d’abord des fonctionnalités de connexion web, puisque des capacités sociales de partage, puis du tactile, puis du retro-éclairage… La seule raison pour laquelle nous n’avons pas encore eu droit aux tablettes couleur, c’est la rentabilité: liseuses trop chères à fabriquer pour un résultat peu satisfaisant au regard des écrans.

Un suicide en bonne et due forme

Alors depuis six mois, on assiste au revirement spectaculaire des ayatollas des liseuses qui soudain, avec l’avènement de la Kindle Fire HD, de la Kobo Arc ou encore de l’iPad Mini, découvrent avec stupeur (et réticence sans doute) que ça ne fait plus si mal que ça aux yeux de lire sur un écran rétroéclairé. Oui, car l’argument ne tient plus depuis que les fabricants de tablettes éclairent eux aussi leurs écrans.

En fait, les lecteurs n’ont pas enterré leur tablette: ce sont les constructeurs qui s’en sont chargé, en proposant des liseuses de plus en plus difficiles à distinguer des tablettes. Et forcément, quand on imite, on finit par devoir se comparer. Et à ce jeu-là, la victoire est sans appel: les tablettes, plus proches des usages généralistes que les utilisateurs souhaitent faire de leur matériel, gagnent à tous les coups. Au grand dam de ceux qui souhaitaient JUSTE lire…

Je ne m’en fais pas, eINK se recyclera: panneaux routiers, affiches publicitaires, tableaux d’école, les applications sont multiples et surtout, utiles.

Mais qu’on ne vienne pas nous faire croire que ce n’était pas prévisible. Ce qui arrive aujourd’hui est l’évidence même, et la plupart des constructeurs ont sans doute toujours voulu aller ce sens.

NOS DERNIÈRES EXPÉRIMENTATIONS EN VIDÉO

Découvrez en vidéo nos dernières expériences de couvertures ebook, et n’hésitez pas à nous dire ce que vous pensez!

Couverture dynamique (jQuery, Javascript, CSS3)

Quatrième de couverture (jQuery, Javascript, CSS3)

Couverture dynamique (CSS3 only)

LA BOÎTE DE SCHRÖDINGER - EXPÉRIENCES

Qu’y a-t-il dans la Boîte ?

Dans celle de Michael Roch, il y a de vieux inspecteurs de police en prise avec des forces occultes et mystérieuses, il y a des asiles d’aliénés qui cachent des secrets impossibles à révéler. Il y a aussi des visions, certainement provoquées par des soirées arrosées mais… les visions ont-elles l’habitude de mordre si fort ? Ici des paysages souterrains et urbains se peuplent de créatures terrifiantes et de peurs ancestrales. Sortir le soir d’Halloween ? Pourquoi pas, si vous aimez les monstres hargneux... De fait, il y a toutes sortes de choses dans la Boîte. Oserez-vous l’ouvrir ?

Exploration du fantastique par la nouvelle, la “Boîte de Schrödinger” permet aux auteurs qui s’en emparent d’explorer les mystères de l’univers en toute liberté. Le concept se veut être une version littéraire de “La Quatrième Dimension”. Réunies en “saisons” (deux à ce jour) lorsqu’elle comportent plus de quinze textes, les Boîtes se déclinent en “Expériences” pour des recueils plus courts. Et vous ? Qu’y a-t-il dans votre Boîte ?

Nous nous sommes également permis d’expérimenter dans ce ebook (puisque le titre nous le permet). Suite à une discussion au sujet des quatrièmes de couverture oubliées dans les livres numériques que vous pouvez lire ici, nous avons décidé de proposer une solution à ce problème. Si vous disposez d’une liseuse, vous pourrez lire ce quatrième de couverture juste après la dite couverture. Mais pour ceux qui lisent sur des appareils capables de lire l’EPUB3 (Apple principalement), nous avons créé une couverture en Javascript qui se « retourne » littéralement (skeuomorphisme, quand tu nous tiens) et vous permet d’apprécier à loisir la fiche descriptive de l’ouvrage. Nous reviendrons dessus en détail dans un prochain article mais en attendant, voici une petite vidéo:

En attendant, vous pouvez télécharger la « Boîte de Schrödinger- Expérience 1 » de Michael au prix de 1,99€ chez tous vos libraires en ligne.

Immatériel (sans DRM) / Apple iBookstore / Amazon Kindle (à venir) / Kobo / etc

COUVERTURE INTERACTIVE POUR EBOOKS, ESSAI N°1: TOUT EN CSS3

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Une fois n’est pas coutume, nous vous proposons de partager avec nous quelques essais et pistes de design concernant l’ebook et plus particulièrement nos tentatives de rendre les couvertures plus vivantes que de simples images.

Pour cet essai, nous n’avons employé que de la CSS (des feuilles de styles, donc) et du HTML: pas de Javascript. Les interactions sont donc basiques mais elles fonctionnent étonnamment bien. Voici donc la vidéo.

L’intégralité des animations a été effectuée en utilisant la pseudo-classe :hover, la seule « gâchette » qui fonctionne sous iBooks pour le moment puisque epub:trigger n’a semble-t-il pas été implémentée dans la version 3.0. Nous savions que les propriétés d’animations CSS3 fonctionnaient très bien en mode Fixed Layout: elles fonctionnent également très bien dans un epub classique dit « flowable ».

À noter que le tout nouveau mode de lecture en scrolling « faire défiler » nous permet de zapper cette affreuse animation automatique de page tournée à chaque fois qu’un lien est déclenché. Si vous reproduisez l’effet, nous vous conseillons de régler votre iDevice dans ce mode particulier.

Nous pourrions vous expliquer longuement comment nous avons fait pour réaliser cette couverture, mais le plus simple est encore de vous en faire partager directement le code. Vous trouverez donc à cette adresse un fichier .zip contenant le fichier HTML et la CSS. Libre à vous de le décortiquer, de le modifier, bref, de vous amuser. Faites-nous partager vos créations si l’envie vous en prend!