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Rétroéclairage par LED: un point nécessaire pour démêler le vrai… du « vrai »

Quelquefois, lorsque je parle du rétro-éclairage des écrans des tablettes sur Twitter, et que j’ai le malheur de le comparer à l’éclairage des liseuses type Kobo Glo ou Kindle PaperWhite, je déchaîne les foules. Soudain, le congrès des ophtalmologistes se réveille et je me retrouve assailli de messages du type: “Mais non, ça n’a rien à voir!” ou encore “la lecture sur  tablette, c’est fatigant (voire dangereux) pour les yeux”, etc. 

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Kirsty Andrews - Flickr - CC-NC-ND-BY 2.0


À tous ces messages, je réponds que je n’ai jamais dit que c’était la même chose. J’entends les avis diverger à ce sujet et du coup, j’ai voulu m’informer. Parce que je n’étais pas sûr de mon coup.

Je suis comme vous (c’est difficile à croire, je sais): à la fin de la journée, lorsque j’ai passé huit heures à loucher sur mon écran d’ordinateur, je suis content de l’éteindre. On ne va pas ici contester les désagréments de ces dispositifs d’affichage modernes, ce n’est pas le sujet: on ne parle pas de télévision ou d’écrans d’ordinateur, mais bel et bien d’appareils de lecture.

imageÀ la base, il y a une méprise: mettre tous les affichages LCD dans le même panier. Avant l’avènement du rétroéclairage par LED, les LCD étaient rétroéclairés à l’aide des tubes fluorescents à cathode froide, technologie également appelée CCFL et dont nous avons des souvenirs douloureux pour nous être payés des maux de tête carabinés en les regardant d’un peu trop près. 

Depuis 2008-2009, ces systèmes de rétroéclairage ont été remplacés progressivement (comme par exemple, sur l’écran d’un iPad) par des systèmes de rétroéclairage par LED. 

Pour paraphraser Wikipédia:

       Il existe deux technologies de rétroéclairage :

  •       Edge Led : les diodes sont réparties sur la périphérie de l’écran et sont orientées vers l’intérieur. La lumière des diodes est propagée sur toute la surface via une plaque de verre photoconductrice.
  •      Full Led : les diodes couvrent toute la surface arrière de l’écran afin de fournir une lumière uniforme et mieux contrastée, mais pour un coût de production plus élevé.

      À ces deux technologies, on peut associer un Local Dimming, où les diodes sont organisées en zones éteintes ou allumées selon l’intensité des parties sombres de l’affichage. Les noirs ainsi obtenus sont plus profonds et améliorent le contraste.

Fin de la parenthèse technique.

Alors on entend ici et là des voix s’élever contre les LED, pour une bonne et simple raison: les LED abimeraient les yeux sur le long terme.

Et bien… c’est vrai! L’exposition à la lumière des LED est à long terme parfaitement dangereuse, pour la bonne et simple raison que ces diodes produisent une intensité lumineuse très forte et que leur spectre comporte une grande proportion de lumière bleue, qui à la longue s’avère néfaste et peut générer des risques de cataracte et de lésions maculaires.

Mais attention, nous parlons de deux choses différentes: ces risques ont été relevés pour les ÉCLAIRAGES à LED, c’est à dire pour les luminaires publics et privés qui servent à éclairer votre cuisine, votre salon ou votre bureau. En effet, ces éclairages sont dits “directs” (la LED est à nu sous le verre, l’exposition est maximale). 

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— Un éclairage LED —

On préconise donc de ne pas employer d’éclairage à LED dans les endroits où, par exemple, on garde des enfants (les écoles, les crèches, etc). 

Mais les écrans à LED sont sans commune mesure avec ces éclairages LED. S’ils utilisent à la base la même technologie, leur intensité lumineuse n’est absolument pas comparable en termes de candelas (l’unité utilisée pour mesurer la luminosité d’une source, mesurée dans le cas des écrans en candelas/m2). De plus, la lumière des LED est filtré à différents niveaux (notamment UV), si bien qu’une part infime de la LED (oui, il n’y a qu’une seule LED sur un écran d’iPad) parvient à l’oeil au final. 

Evidemment, vous ne regarderez pas de la même manière un écran d’ordinateur et des phares de voiture, ou la lumière du soleil. En matière de lumière, tout est question d’exposition.

Vous pouvez lire à ce sujet le rapport de l’ANSES sur l’éclairage LED.

Même si ce n’est qu’un rapport (un de plus), il précise néanmoins que les écrans rétroéclairés par LED ne sont pas concernés par les dangers inhérents à l’éclairage LED.

Je me demande donc quelle part de confusion il existe entre l’éclairage LED (dangereux) et le rétroéclairage par LED (réputé pas dangereux, en tout cas aucun rapport, aucune étude ne semble prouver le contraire pour le moment…) dans la tête des utilisateurs. Il y a une part de mystification possible, ou en tout cas d’amalgame, qui m’échappe.

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CC Liz Henry - Flickr - CC-BY-ND 2.0

Alors maintenant que nous savons tout ça, on peut comparer.

Quelle est la différence entre un écran LCD rétroéclairé et une liseuse du type Kindle PaperWhite ou Kobo Glo, dont l’écran est lui aussi éclairé d’une manière ou d’une autre?

Et bien c’est très simple (enfin, suivez quand même un peu). 

Une liseuse, c’est simplement un film qui (pour résumer) reproduit le rendu du papier via un système d’attraction/répulsion magnétique. On ne va pas refaire la théorie du eINK (peut-être un jour, mais pas maintenant) et on va se contenter de dire que cette feuille eINK est comme une feuille de papier, mais qu’on peut en changer l’apparence, l’encrage numérique. Elle dispose de qualité lumineuse nulle, c’est à dire qu’elle ne produit pas de lumière en elle-même. Donc si vous voulez l’utiliser ailleurs qu’en plein soleil, il faudra l’éclairer avec une lampe.

Maintenant, intégrons un système d’éclairage interne (dit FrontLight par Booken, ou PaperWhite chez Amazon).

Tiens, justement: voici comment se décompose l’écran d’une liseuse avec dispositif d’éclairage intégré chez Amazon.

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Première surprise (ou pas): si le dispositif n’est pas “rétroéclairé”, il n’en est pas moins un dispositif d’éclairage… à LED. Seulement la lumière est ici déviée pour être répartie uniformément sur un petit film qui recouvre l’écran eINK à proprement parler, et que la lumière est au-dessus de l’écran et pas en dessous. Mais la lumière produite est parfaitement identique dans ses propriétés à celle d’un éclairage LED: le spectre est potentiellement le même. Sauf que la lumière est ici déviée. 

Intéressant, non? Moi j’ai appris un truc, là. 

Alors on me dira: oui mais la lumière est ici dirigée vers l’écran, et pas vers les yeux. Je vais dire oui, bien sûr. Mais les cocos, pour que vous puissiez lire, il faut que des photons tapent sur votre rétine, tout de même. Et ces photons doivent bien venir de quelque part. Même si la lumière est déviée, réfléchie, filtrée, ce que vous voulez… il n’en reste pas moins que la lumière, FrontLight ou BackLight, arrive jusqu’à vos yeux, dans des quantités des spectres variables. 

On ne sait pas, sur le long terme, les risques liés à la lecture sur support auto-éclairé. j’imagine que dans 10 ans, on les fera, ces fameux congrès d’ophtalmo. En revanche, il est une réalité qu’on ne peut pas occulter: l’écran éclairé OU rétroéclairé… c’est de la lumière. Et à ce titre, une exposition trop prolongée peut déclencher des réactions neurologiques inattendues. Si par exemple vous regardez trop fixement l’écran de votre téléphone ou de votre tablette au lit, avant de vous coucher, il est fort probable que vous éprouviez des difficultés à trouver le sommeil. En cause, la production de mélatonine qui régule vos cycles de sommeil: le cerveau, exposé à la lumière, pense qu’il fait jour. Il vous tient donc éveillé plus longtemps. Dans ce cas, le danger ne vient pas à proprement parler de l’écran mais de l’interprétation que fait votre cerveau de l’utilisation de votre écran. Et en cela, chacun doit se responsabiliser, surtout s’il souhaite bien dormir la nuit.

Il est envisageable que l’on trouve néanmoins des études dans les prochains mois ou dans les prochaines années qui décriront les méfaits de certains écrans rétroéclairés par LED, puisque la plupart du temps — tout comme pour la cigarette, l’alcool, les bombes d’insecticide ou la télé-réalité — nous sommes D’ABORD exposés au danger avant d’en être avertis. Mais je ne peux pas me prononcer maintenant. Attendons ce qu’en diront les spécialistes.

Je ne serais pourtant pas surpris que la rétiscence perdure longtemps. Cela fait trente ans, peut-être plus, qu’on nous prévient du danger des écrans, à tort ou à raison. Je pense qu’il y a une part (une PART, ne déformez pas mes propos) de folklore là-dedans. De légende urbaine. Quelqu’un, un jour, a sans doute dit que les écrans, c’était le mal. Depuis l’idée s’est propagée. Dans quelle mesure ces idées, rumeurs, etc sont VOLONTAIREMENT propagées par les gardiens du temple, difficile de le dire. Mais il y a une part de peur dans tout cela, c’est certain. Il suffit de voir la tête des gens à qui j’apprends que je suis végétarien, et qui me préviennent soudain des dangers immenses de ce régime. Peu d’entre eux savent, en revanche, que ces prétendus dangers ont été en grande partie inventés par les lobbies de l’élevage aux États-Unis, dans les années 50. Ces faux rapports, ces fausses informations, se retrouvent encore propagés aujourd’hui. Ils perdurent dans les consciences et, sans y être directement exposé, on finit par les relayer…

Attention donc aux idées fixes.

Commentaires

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One Response

  1. Niko says:

    Merci pour les infos, c’est plus clair au niveau technique. Seulement tu ne tranches pas vraiment entre l’effet de la tablette et l’ebook sur le sommeil. Moi qui voulait troquer mon ipad contre un eBook suite à des problèmes d’endormissement. Je lis tous les soirs une heure sur mon ipad avant de tomber de sommeil et j’ai pas envie de retourner au livre papier.

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