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Retour aux sources

Retour aux sources

Walrus est né d’un rêve de libraire. Nous étions des fans de pulps, de littératures infréquentables, d’outrages à la morale et au bon goût, et nous ne trouvions pas forcément de quoi contenter notre appétit sur les tables des marchands de culture. Le numérique nous est apparu comme une opportunité : celle de donner de la visibilité à une littérature que nous chérissions sans courir à la banqueroute avec des frais d’impression coûteux. Nous pensions que la dématérialisation favoriserait la viralité, la dissémination et que nous prendrions rapidement notre essor. Peut-être un peu vite. Walrus a parcouru beaucoup de chemin depuis sa création en 2010. À l’époque, nous étions un peu moins nombreux (coucou Publie.net et Numeriklivres) et le marché était sans doute un peu moins concentré. Nous avons bénéficié d’un certain espace de liberté, je crois. Nous avons inscrit l’expérimentation dans notre ADN, et nous n’avons d’ailleurs jamais vraiment cessé, que ce soit avec le Kadath des éditions Mnémos ou notre catalogue de livres dont vous êtes le héros, ou encore avec Radius, notre expérience full-web. Mais force est de constater qu’entre 2010 et 2015, nous nous sommes un peu perdus en route.

Ton histoire, mon histoire

Le marché s’est vite rempli. Les éditeurs historiques, d’abord aux abonnés absents, ont vite rattrapé leur retard. Puis les nouveaux pure-players sont arrivés, timides dans un premier temps, puis en raz-de-marée, et l’autoédition a terminé de combler les vides. Nous n’étions plus seuls désormais. Face à ce qui est devenu une concurrence grandissante et à des courbes de vente en berne (je me souviens de ces discussions fraternelles entre éditeurs numériques, plaisantant sur le fait que nous étions si peu nombreux que nous n’étions en aucun cas une menace les uns pour les autres), nous avons ressenti l’urgence de réagir. Et nous avons peut-être fait ce que nous n’aurions pas dû faire : nous avons réfléchi avec notre porte-monnaie. Comment remonter la pente ? Comment faire face à la concurrence ? Comment retrouver nos lecteurs ? Nous avons étudié toutes les possibilités, y compris celle de nous lancer dans des genres plus “commerciaux”. Nous y avons finalement renoncé — parce que cela aurait été pour moi davantage qu’un renoncement ; un reniement. Nous avons peut-être un peu paniqué aussi face à l’inexorable.

Nous ne publions que ce que nous avons envie de défendre, ce en quoi nous trouvons d’indéniables qualités. Dans l’idéal, nous aurions aimé ne publier que les textes qui n’auraient trouvé de place que chez nous, des œuvres si inclassables, si barrées, si dingues, que Walrus aurait été le seul à pouvoir les défendre. C’est sur ce dernier point que nous avons relâché notre attention, et sur ce même dernier point que nous avons décidé de reprendre la barre. À l’origine, Walrus a été créé pour afficher clairement sa différence, sa singularité. Perdu au milieu de la masse éditoriale, nous avons voulu jouer des coudes, mais nous n’avons fait que surnager, quitte à perdre pied. Mais à partir de maintenant, Walrus va redevenir Walrus. À coups de marteau s’il le faut. Parce que quitte à se planter, autant le faire en beauté.

À partir d’aujourd’hui, retour à l’impubliable, au pulp sale et crasse, aux aventuriers second degré, à la littérature dans l’estomac. Si vous voulez être publiés chez nous, amis auteurs, il faudra nous impressionner — ne pas avoir peur de choquer, de se moquer et d’être moqué, d’être tourné en ridicule ou de retourner le ridicule à l’envoyeur — car l’esprit du pulp se mérite. Chez nous, lire a toujours été un sport de combat. Nous aimons les livres qui nous collent un coup de poing dans le bide, et nous pensons que ceux-ci font cruellement défaut au paysage éditorial numérique français, et d’ailleurs éditorial tout court. Plus question d’être consensuels, c’est fini tout ça. Bien sûr, nous continuerons les séries en cours — rassurez-vous, ce n’est pas notre genre de lâcher nos lecteurs, d’autant qu’elles sont vraiment excellentes — mais nous allons mettre en avant un autre type de divertissement, nous la jouer catalogue comme ils disent, et rapporter un peu de cohérence à tout ça.

Mode d’emploi

Le pulp, étymologiquement, se réfère à la qualité médiocre du papier sur lequel ces textes étaient imprimés… mais le numérique leur offre un bel écrin désormais.

Le pulp, tu dis ? C’est quoi le pulp ? Le pulp, c’est simple : faut que ce soit foutraque. Tu vois Jésus contre Hitler, l’une de nos séries phare ? Tu voisToxic, aussi ? Tu vois les titres de Bang Bang Press que nous avions publiés,Pan-Amerikan Rally et Miami Heat ? Ces livres ont tous quelque chose en commun : ils sont complètement barrés. Zombies nazis, aliens mangeurs d’humains, course de rally apocalyptique à la Mad Max, trafiquants de drogue érotomanes et j’en passe, les protagonistes du pulp ne s’embarrassent pas des conventions : ils sont libres et se fichent bien d’être jugés. Le ton, quant à lui, est résolument joyeux, même dans le tragique : il s’agit avant tout pour celui qui l’écrit de s’amuser, de s’en donner à cœur joie, de ne pas s’embarrasser de l’éternelle question “vais-je trouver un éditeur pour cette horreur ?” — la réponse est oui, chez Walrus — ou de politiquement correct. Il faut que ça déborde, que ça colorie hors des lignes, voire que ça éclabousse. Un pulp, c’est fait pour faire du bruit, pour exploser en vol, pour décoiffer dans les chaumières, pour nous trouer le cerveau avec un foret à béton. C’est là-dedans qu’on veut la retrouver, notre joie de publier.

Dans le détail

Un pulp doit être écrit dans l’urgence. Dans l’idéal, si vous vous y consacrez à plein temps, pas plus d’une semaine ou deux par histoire. Si vous travaillez à côté comme 99% d’entre nous, un mois maximum. Ce n’est pas une question de qualité, c’est simplement qu’au-delà d’un certain laps de temps, vous perdrez tout enthousiasme et commencerez à regarder votre texte sous un autre angle. Si vous avez besoin de conseils, vous pouvez jeter un œil à cet article — Comment écrire un roman en trois jours?

Quelle longueur pour un pulp ? Minimum 70.000 signes espaces comprises, pas de maximum, mais soyez brefs : le but n’est pas d’écrire un roman de 500.000 signes. Comme on ne veut pas que le lecteur ait le temps de s’ennuyer, le pulp est une école de la concision, et c’est aussi un formidable exercice d’imagination et de rédaction éclair pour tous les auteurs, débutants ou pros, auquel tout le monde devrait se coller au moins une fois dans sa vie. Dans l’idéal, le pulp est un one-shot — mais nous nouspencherons avec joie sur vos propositions de séries avec héros récurrents si vous arrivez à nous retourner la tête avec votre histoire.

Enfin, le thème. Pour résumer en un mot, le thème est libre, mais c’est un peu plus compliqué que cela. Si on ne peut pas clairement définir ce qu’est le pulp, on peut définir ce qu’il n’est clairement pas, à savoir queque chose de fadasse, de sans-intérêt, d’insipide. Il faut de la couleur, de l’acidité, du sucré, de l’amer, cela ne doit pas laisser indifférent, du sang, du sexe et de la baston pour les amateurs de noir, du fantastique foutraque et dingue pour les défenseurs de l’imaginaire (voir notre série Jason et Robur), de l’aventure, du suspens, du vertige, de l’exploration cosmique. Et si vous n’avez pas envie de compromettre votre carrière d’écrivain germanopratin avec un remake de Goldorak version X, sachez que nous serons ravis de vous publier sous pseudonyme. Un petit truc pour bien pulper : combiner des idées qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre. Prenez des vampires, puis la Bourse de New York et le mur de Berlin, ajoutez-y un voyage dans l’espace et un prêcheur apocalyptique, secouez et paf : un pulp. N’ayez pas peur de l’écrire. Le pire qui puisse arriver, c’est qu’on vous lise.

Notre seul critère de sélection sera la surprise. Avons-nous déjà lu un truc pareil ailleurs ? Avons-nous été secoués, emportés, frappés à l’estomac ? Est-ce que ça raconte quelque chose de notre époque, est-ce que c’est engagé, est-ce que ça tape là où ça fait mal ? Est-ce que c’est tellement barré qu’on ne peut pas ne pas le publier ? Secouez-nous comme des pruniers, nous l’avons bien mérité.

Les soumissions sont ouvertes. Ne vous bridez pas. Ne vous censurez en rien. Soyez dingues, soyez flamboyants. Et aidez-nous à faire de Walrus ce que nous avons toujours voulu qu’il soit. Maintenant !

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